Se souvenir de mon pseudo Mot de passe oublié ? | Aide
ESPACE REVISION BAC 2015

Dans cet espace dédié aux révisions du BAC 2015, tu trouveras, pour toutes les séries et toutes les matières, des annales corrigées, des informations pratiques et des fiches conseils pour être au top le jour de l'examen !
LE BAC PAR SERIE

BAC S

BAC ES

BAC L

BAC STG

BAC STI2D

BAC STD2A

BAC ST2S

BAC STL

BAC Hôtellerie

LE BAC PAR MATIERE

Réussir son TPE

BAC de français

BAC mathématiques

BAC physique chimie

BAC SVT

BAC Histoire - Géographie

BAC Philosophie

BAC anglais

BAC SES

Annales BAC

LES PLUS POUR LE BAC

Calendrier du bac

Méthodologie bac

Conseils pratiques

QUIZ de révision bac

Aide gratuite en ligne

Oral de rattrapage

Corrigés gratuits bac 2010

Corrigés gratuits bac 2011

Corrigés gratuits bac 2012

Sujets probables bac 2012

Résultats du bac 2012

ESPACE REVISION BREVET 2015

Si tu es en 3ème, tu trouveras dans cet espace tout pour réviser ton BREVET : les annales, cours, exercices, quiz, conseils et informations pratiques.

 Les forums d'aide aux devoirs intellego


  Besoin d'aide ? Envie d'aider ?


      1 -> Identifiez-vous sur le forum
      2 -> Choisissez votre forum
      3 -> Participez à une discussion
      ou
      Posez votre question
      en cliquant sur une "nouvelle discussion"

 CHARTE FORUM INTELLEGO

Pas de langage SMS.

Politesse et remerciements.

Effort sur l'orthographe.

Pas de devoir à ta place.

Rappel pour les mineurs : 
ne donne jamais des informations personnelles


Vous êtes dans le forum : 3ème - Français  
redaction
Envoyé par: vivi1961 (Adresse IP conservée)
Date: jeu. 27 mars 2014 10:50:54

Rédaction
A Paris, il ne subsistait rien des engagements pris à Nouméa. Nous n’avons pas eu droit au repos ni visité la ville. […] Nous avons longé la Seine en camion, et on nous a parqués derrière des grilles, dans un village kanak reconstitué au milieu du zoo de Vincennes, entre la fosse aux lions et le marigot aux crocodiles. Leurs cris et leurs bruits nous terrifiaient. […] Au cours des jours qui ont suivi, des hommes sont venus nous dresser, comme si nous étions des animaux sauvages. il fallait faire du feu dans des huttes mal conçues dont le toit laissait passer l’eau qui ne cessait de tomber. Nous devions creuser d’énormes troncs d’arbres, plus durs que la pierre, pour construire des pirogues tandis que les femmes étaient obligées de danser le pilou-pilou à heures fixes. Au début, ils voulaient même qu’elles quittent la robe-mission et exhibent leur poitrine. le reste du temps, il fallait aller se baigner et nager dans une retenue d’eau en poussant des cris de bêtes. J’étais l’un des seuls à savoir déchiffrer quelques mots que le pasteur m’avait appris, mais je ne comprenais pas la signification du deuxième mot écrit sur la pancarte fichée au milieu de la pelouse, devant notre enclos : Hommes anthropophages de Nouvelle-Calédonie.
[…] A midi, le beau temps était revenu, et les curieux ont commenéc à défiler de l’autre côté des grilles […]. On nous jetait du pain, des bananes, des cacahuètes, des caramels… Des cailloux aussi. Les femmes dansaient, les hommes évidaient le tronc d’arbre en cadence, et toutes les cinq minutes l’un des nôtres devait s’approcher pour pousser un grand cri, en montrant les dents, pour impressionner les badauds.
Nous n’avions plus une seule minute de tranquillité, même notre repas faisait partie du spectacle. Quand dix heures sonnaient au clocher de Notre-Dame-de-Saint-Mandé, dix d’entre nous étaient obligés de grimper à des mâts, de courir, de ramper, de lancer des sagaies, des flèches, des javelots.
Didier Daeninckx, Cannibale



Rédaction : Un visiteur de l’Exposition universelle, qui a vu les Kanak dans leur enclos, est indigné de la façon dont ces êtres humains sont traités. Il écrit une lettre ouverte dans un journal pour tenter de persuader les lecteurs qu’enfermer et exposer ainsi ces hommes dans un zoo est inacceptable.


Consignes et critères d'évaluation
- Respectez les caractéristiques de la lettre. 5 points
- En introduction racontez brièvement ce que vous avez vu, en essayant d’émouvoir le lecteur. 3 points
- Argumentez ensuite pour persuader le lecteur que les Kanak sont des êtres humains et méritent d’être traités comme tels. 4 points
- Employez les procédés de la persuasion : phrases exclamatives et interrogations oratoires, figures de style (anaphores, comparaisons et métaphores, gradations, accumulations, hyperboles…) 2 points
- Employez les pronoms de la 1ère et de la 2ème personnes (adressez-vous directement au lecteur en employant le pronom « vous », parlez en votre nom en disant « je », « nous » pour établir une communauté entre vous et le lecteur) 2 points
- Respect de la langue 4 points
peut-on me donner svp une petite idee pour commencer cette lettre merci


Re: redaction
Envoyé par: PMV (Adresse IP conservée)
Date: jeu. 27 mars 2014 20:09:08

Bonjour,


Commence donc la lettre, et on pourra te donner de petites idées pour continuer. Sinon, ça ressemble tellement à "fais-mes-devoirs-point-com", que personne ne répondra. Ça n'aurait vraiment aucun intérêt.


Cordialement,
PMV


Re: redaction
Envoyé par: vivi1961 (Adresse IP conservée)
Date: ven. 28 mars 2014 12:50:16

voici ce que j'ai fait mais pas sur que ce soit bon merci de me dire ce qui ne va pas et ce qui va
coridalement



A tous les lecteurs,
Je trouve insencé et déplacé de voir des êtres humains vivant dans le zoo entre des animaux sauvages, les lions et les crocodiles !!
Ne voyez-vous donc pas que ce sont des Kanaks, qu’ils ont une vie totalement différente de la nôtre, et qu’ils ne sont pas dans leur milieu, de plus on les oblige à faire des choses qu’ils ne font que lorsqu’ils sont chez eux, ils vivent dans des conditions intolérables, ils doivent se baigner dans une retenue d’eau réservée pour des animaux sauvages !!!
Je ne peux pas accepter que des visiteurs viennent voir ces pauvres gens qui n’ont rien demandé, alors j’espère que mon appel fera réagir beaucoup de monde afin que cette torture pour les Kanaks, cesse, car ces gens ont le droit d’avoir une vie respectable, et non pas comme des animaux sauvages !
Et vous, les quelques visiteurs qui jetez à ces pauvres gens, des cacahuètes, des aliments ou même des cailloux, n’avez-vous donc pas honte de vous, vous mériteriez que l’on vous mette à leur place, et que nous fassions la même chose avec vous, bande de psychopates !!!
Je fais appel à toute personne qui sera de mon avis pour que l’on se rencontre demain devant l’endroit où sont les Kanaks, afin de faire valoir leurs droits, de ne plus etre dans cette cage !!!


Merci à tous ceux et toutes celles qui seront présents demain à 14 heures et vive les Kanaks libres !


Re: redaction
Envoyé par: PMV (Adresse IP conservée)
Date: sam. 29 mars 2014 01:29:23

Bonjour,


Et bien voilà ! C'est bien plus facile de travailler sur un début de texte ! Mais es-tu sûre d'avoir respecté les consignes ? J'ai l'impression que tu as rédigé ton texte sans les lire attentivement.


Ainsi, ton introduction n'est pas correcte, non pas parce qu'elle est mauvaise, mais parce qu'elle ne répond pas au sujet : "racontez brièvement ce que vous avez vu, en essayant d’émouvoir le lecteur". On ne te demande pas dans l'introduction - et dès la première ligne - de prendre position, de dire ce que tu trouves juste ou injuste, sensé ou insensé. Tu rédiges ton texte à l'envers. On te demande d'abord et simplement de raconter ce que tu as vu. Or, tu commences par crier ton indignation, là où il faudrait simplement la suggérer et la susciter.


Pourquoi ne commencerais-tu pas par quelque chose du genre : "Pouvez-vous imaginer des familles entières parquées dans un zoo, telles des bêtes curieuses, entre les fauves et les reptiles ? Pouvez-vous imaginer des êtres humains exhibés comme des phénomènes de foire et contraints de croupir derrière des grilles, dans des conditions insalubres et dégradantes ?"... [tu noteras l'anaphore, c'est pour rire]. (attention, ce n'est qu'une piste, ce n'est pas à copier/coller). Et tu pourrais continuer par : "C'est pourtant ce que j'ai vu lors de ma visite à l'Exposition universelle." Et là, il faut poursuivre la description (pas trop longue), avec des images chocs qui peuvent apitoyer ou révolter les lecteurs, notamment par l'évocation des plus faibles, les femmes et les enfants. Il ne faut pas que ton introduction soit un plaidoyer, une profession de foi, mais juste une image, un cliché, la photographie d'une situation intolérable. Une bonne photo (ou ici, un texte évocateur de quelques lignes) vaut mieux que 500 lignes de grands sentiments.


Ensuite, on te demande d'argumenter. Je ne suis pas sûr que l'argumentation que tu développes soit la meilleure pour convaincre (je suis même sûr du contraire). Tu insultes les visiteurs de l'Exposition en les traitant de "psychopathes". Insulter les gens, c'est le meilleur moyen de les bloquer, et de les affermir dans leurs positions. Si je te dis : "Tu n'as pas compris, je vais t'expliquer", tu écouteras peut-être. Si je te dis :"Décidément, tu es complétement abrutie, tu ne comprends rien", tu n'auras sans doute pas envie d'en entendre davantage... Il faudrait un peu plus de subtilité. À qui t'adresses-tu ? Aux lecteurs d'un journal. Il serait bien plus astucieux de leur faire croire qu'eux-mêmes ne font pas partie de ces "psychopathes" qui lancent des cacahouètes aux Kanaks. C'est "l'effet miroir", couramment utilisé dans les émissions de télé-réalité. On filme quelqu'un dans une crise de colère, de jalousie, de mauvaise foi, et on lui montre ensuite la vidéo de son comportement. Le plus souvent, c'est une surprise totale, parce que lorsque la personne se voit en train de péter les plombs, s'entend dire des choses très violentes et injurieuses, elle ne comprend pas, elle ne s'imaginait pas ainsi, elle a honte, elle se dit : "c'est incroyable, ce n'est pas moi qui ait pu faire ou dire des choses pareilles". Il serait malin d'utiliser le même procédé, quelque chose du genre : "Figurez-vous que j'ai vu des visiteurs jeter en riant du pain, des bananes, et même des cailloux à ces malheureux !". Ainsi, même si le lecteur a fait partie de ces visiteurs, il peut se voir, comme dans un miroir, en train d'avoir ce comportement scandaleux, et en éprouver de la honte. Mais si tu lui dis : "Vous n'avez pas honte ?" et qu'il te répond "Non, pas du tout", tu fais quoi ?


Tu écris : "Je fais appel à toute personne qui sera de mon avis", mais justement, il n'y aura pas de problème avec les gens qui seront de ton avis. Ils ne pourront que partager ton point de vue. Et ce n'est pas l'intérêt de la lettre. L'intérêt, c'est au contraire de convaincre, - ou au moins de faire réfléchir -, les gens qui ne sont pas de ton avis. Tu ne te places pas dans une optique de persuasion, mais dans une optique d'affrontement (ce n'est pas forcément mauvais, mais ce n'est pas le but de la lettre, telle qu'il est défini dans l'énoncé).


Je te suggère de reprendre l'introduction, en mettant ton indignation dans ta poche avec ton mouchoir par-dessus (elle doit être sous-entendue, mais pas exprimée explicitement), et de simplement décrire la situation des Kanaks, comparable à celles d'animaux en cages, en insistant sur les détails les plus insupportables et les plus choquants.

Ensuite, il faut que tu trouves des arguments pour "persuader le lecteur que les Kanak sont des êtres humains". Pas pour insulter le lecteur, pas non plus pour lui dire que tu en es persuadée toi-même (il s'en fiche), mais pour lui expliquer "pourquoi" tu en es persuadée, et pour le faire éventuellement changer d'avis s'il n'est pas d'accord (et pas par la menace ou en organisant une manif...). Ce n'est pas si facile. (Et attention : le piège serait d'expliquer que les Kanaks méritent la pitié, alors qu'ils ont droit non pas à la pitié, mais au respect.)


Ce n'est pas si facile, en effet. Une idée qui me vient, comme ça, qu'il faudrait creuser, ce serait d'inverser la perspective, et de se placer non plus dans la peau du visiteur de l'Exposition, mais dans celle du Kanak. Quelque chose qui pourrait ressembler à ça : "Certains leur jettent des bananes ou des pierres en les traitant de sauvages. Mais que diraient-ils, ces "sauvages", de notre mode de vie, si nous leur laissions la parole ? Ils nous demanderaient sûrement : Qui sont les vrais sauvages ? Nous qui vivons en harmonie au sein de la nature, ou vous qui vous entassez dans des cités inhumaines de fer et de béton, respirant à longueur d'année une atmosphère nauséabonde et polluée ? Qui sont les vrais sauvages ? Nous qui prenons soin de nos prochains dans la tribu, ou vous qui laissez vos prochains mourir de froid et de faim dans les rues de vos villes ? Qui sont les vrais sauvages ? Nous qui vivons en paix, frugalement, sachant nous contenter du nécessaire, ou vous qui vous entretuez pour accumuler toujours plus de richesses inutiles ? Qui sont les vrais sauvages ? Nous qui respectons et entretenons la nature, ou vous qui la pillez, la détruisez, sans comprendre que vous vous détruisez vous-mêmes ? Nous sommes derrière des grilles, mais de quel côté de la grille sont les vrais sauvages ?"


Bon, c'est une piste parmi d'autres. Ce n'est pas la seule. À toi de travailler, maintenant.


Cordialement,
PMV


Re: redaction
Envoyé par: vivi1961 (Adresse IP conservée)
Date: sam. 29 mars 2014 13:59:07

voici ce que j'ai refait en espérant que ce sera mieux car je ne sais pas si je comprendrais la consigne, merci a vous




A tous les lecteurs,
Pouvez-vous imaginer des familles entières à vivre dans des cages prévus pour des animaux sauvages, entre des reptiles et des fauves, pouvez-vous imaginer ces êtres humains montrés comme des bêtes de foire, dans des conditons dégradantes, malsaines !!
Je vous affirme avoir vu ces pauvres gens, des kanaks, lors de ma visite à l’Exposition Universelle. Comment ose-t-on laisser ces pauvres gens dans cette situation, surtout avec des femmes et des enfants, c’est insultant pour l’image de la femme, indigne pour ces pauvres enfants !Ils se baignaient dans des retenues d’eau prévues aux animaux sauvages, des curieux se moquer de ces gens et leur jetter des bananes, des cacahuètes et même des cailloux !!!
Que penseraient-ils de nous, car nous vivons dans des murs de bétons, nous cherchons toujours à avoir plus que l’autre, mais eux, se contentent de la nature, la respectant, qui est à blâmer, nous ou les kanaks ?
Il me semble que ces personnes ont le droit aussi à être respectés, chacun a son mode de vie et chacun doit le respecter !
Alors, laissons ces pauvres gens à leur place et ne les emprisonnons pas comme des animaux sauvages, ils sont tout aussi humains que nous, seul leur mode de vie est différent, et respectons cela !
Merci à vous tous lecteurs !


Re: redaction
Envoyé par: PMV (Adresse IP conservée)
Date: dim. 30 mars 2014 03:20:28

Bonjour,


C'est déjà mieux. Tu es davantage dans l'esprit des consignes. Mais tu peux encore beaucoup améliorer. Ainsi, par exemple, le titre. Il faut donner envie au lecteur de lire ton texte, il faut "l'accrocher". Un des grands exemples de lettre ouverte est celle qu'Émile Zola a publiée pour défendre le capitaine Dreyfus injustement accusé de trahison, sous le titre : "J'accuse...!".
[michelinewalker.files.wordpress.com]


"J'accuse... !", avec le point d'exclamation, ça "pète", ça explose, ça interpelle, comme on dit aujourd'hui. "À tous les lecteurs", c'est mou, c'est terne, on y jettera un coup d’œil si on a le temps, une fois qu'on aura lu les résultats sportifs et l'horoscope.


Je reprends le début de ton texte : "Pouvez-vous imaginer des familles entières à vivre, tournure incorrecte. Plutôt "vivant" dans... des cages prévu[e]s pour des animaux sauvages, entre des reptiles et des fauves.


Attention ! Si tu relis le texte de Didier Daeninckx, on n'a pas mis les Kanak dans des cages. On a reconstitué leur village "dans un enclos" au milieu du zoo, parmi les animaux sauvages, pour donner une illusion de réalité. Pourquoi ne reprendrais-tu pas le mot du texte : "parqué", qui évoque bien des animaux en troupeau, qu'on rassemble dans un "parc" ?


"Pouvez-vous imaginer des êtres humains montrés... Cherche toujours le mot juste. Montrés, c'est bien, mais il y a un verbe encore plus fort, ce serait "exhibés" comme des bêtes de foire, dans des conditions dégradantes et malsaines !!" Et pourquoi des points d'exclamation ? Tu poses une question, le point d'interrogation s'impose...


"Je vous affirme avoir vu ces pauvres gens, des kanak, lors de ma visite à l’Exposition Universelle" C'est bien, mais je n'aime pas beaucoup "pauvres gens", qui nous place dans le registre de la pitié, plutôt que dans celui de l'indignation. Après tout, on pourrait dire la même chose des lions, les "pauvres bêtes"... Et il y a quelques détails dont tu ne parles pas, mais qui sont assez choquants : par exemple, l'écriteau qui indique qu'il s'agit d'un village "d'hommes anthropophages de Nouvelles Calédonie". Ainsi, ils sont présentés au milieu du zoo comme une espèce animale parmi d'autres. Et puis, tu pourras frimer en expliquant à ton professeur qu'il ne s'agissait pas d'une Exposition universelle, mais de "l'Exposition coloniale internationale" qui eut lieu à Paris entre le 6 mai et le 15 novembre 1931.


Tu poses deux questions qui impliquent une réponse indignée. Tu demandes aux lecteurs : Pouvez-vous imaginer une telle horreur ? Et bien, donne la réponse : Non, bien sûr, aucune personne civilisée ne pourrait l'imaginer (c'est astucieux, parce que ça laisse entendre à celui qui pourrait l'imaginer qu'il n'est pas civilisé). Mais c'est pourtant ce que j'ai vu : des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards, tout un village de kanak présentés comme des "anthropophages de Nouvelle Calédonie", contraints de se donner en spectacle pour satisfaire la curiosité malsaine des visiteurs.


Et puis, dans la deuxième partie, désolé, tu ne me convaincs pas. Tu alignes des lieux communs, des idées reçues, des préceptes de morale, "il me semble que..." "chacun a son mode de vie et chacun doit le respecter", ce n'est pas une argumentation, c'est une injonction, c'est une maxime morale, une bouillie "politiquement correcte" d'élève qui a bien appris sa leçon, mais que je ne suis pas obligé de partager. Au nom de quoi, je "dois" respecter ? Parce que tu me le dis ? Tu n'arriveras pas à me convaincre simplement parce que tu me l'affirmes. Il faudra encore me le démontrer. Et si moi, je te dis le contraire : il y a des modes de vie que je ne considère pas comme respectables, et que je condamne ? Il faut que tu te mettes dans la tête des gens qui ne pensent pas comme toi, et que tu imagines leurs arguments pour pouvoir les contrer.


En relisant ton texte, ce qui me gêne un peu, - ne le prends pas mal, c'est pour te taquiner - c'est que, finalement, j'ai l'impression que tu partages un peu l'état d'esprit des gens qui jettent des bananes, des cacahouètes ou des pierres aux kanak (j'ai au moins appris que le mot "kanak" était invariable depuis 1998). Mais bien sûr (heureusement), tu ne le ferais pas, parce que tu as pitié, et tu essayes d'apitoyer le lecteur. La pitié, c'est le sentiment du plus fort (ou de celui qui se croit le plus fort) qui condescend à se pencher sur les misères du plus faible. Mais les kanak ne réclament pas la pitié. Ils ne demandent pas qu'on les appelle des "pauvres gens", mais simplement des "gens", comme tout le monde. Ils réclament la justice et la dignité. Tu es dans l'état d'esprit des philosophes du XVIIIe siècle qui parlaient des "bons sauvages", comme de grands enfants un peu simples et naïfs, naturellement bons, et qu'il fallait protéger. Bien sûr, ce sont des êtres humains, mais ce sont tout de même des sauvages... "Que penseraient-ils de nous..." (ou pourrait ajouter : s'ils étaient capables de penser... Au fait, pourquoi : "Que penseraient-ils" ? Pourquoi pas plutôt : "Que pensent-ils ?"), ces "pauvres gens" qui sont "tout aussi humains que nous" (c'est bien simple, il ne leur manque que la parole...)


Allez, je suis dans un bon jour, je t'offre un exemple d'introduction qui vaut au moins 22 sur 20. En tout cas, j'ai respecté les consignes. J'ai mis des phrases exclamatives et des "interrogations oratoires" (wharf !), des figures de style (anaphores, métaphores, amphores, bosphores, phosphores, doryphores, çavapaphores, etc., gradations, accumulations, hyperboles et tout le fatras), j'ai employé les pronoms de la 1ère et de la 2ème personnes, m'adressant directement au lecteur en employant le pronom « vous », j'ai parlé en mon nom en disant « je », « nous » pour établir une communauté entre moi et le lecteur, et j'ai respecté la langue.


Où sont les sauvages ?


Pouvez-vous imaginer des familles entières parquées dans un zoo, derrière des grilles, parmi les reptiles et les fauves, pour satisfaire la curiosité morbide d'un public avide de sensations ? Pouvez-vous imaginer des êtres humains à demi nus exhibés comme des bêtes de foire, dans des conditions dégradantes et malsaines ? Non, bien sûr ! En plein vingtième siècle, dans le pays de la Déclaration des droits de l'Homme, aucun citoyen français digne de ce nom ne pourrait concevoir une telle indignité. C'est pourtant ce que j'ai vu ! C'est pourtant ce que vous pourriez voir, au cœur même de l'Exposition universelle, cette manifestation internationale organisée à la gloire de la civilisation occidentale ! Tout un village kanak de pacotille, hommes, femmes, enfants, vieillards, arrachés à leur île et présentés comme des "anthropophages de Nouvelle-Calédonie", contraints de se donner en spectacle, de danser et de battre le tambour, de barboter dans une eau fétide, de multiplier les singeries pour faire rire les visiteurs qui leur jettent des bananes et des cacahuètes, contraints de grimacer et de montrer les dents pour faire frissonner les belles élégantes en quête d'émotions exotiques !


Où sont les sauvages ? De quel côté des grilles devons-nous les chercher ?


Bon, à toi de continuer. Cet effort m'a épuisé.


Cordialement,
PMV



Modifié 1 fois. Dernière modification le 30/03/14 03:45 par PMV.


Re: redaction
Envoyé par: vivi1961 (Adresse IP conservée)
Date: dim. 30 mars 2014 14:21:47

merci à vous pour la suite , j'ai pensé à :


Laissons les Kanak vivre leur vie à leur rythme, avec leurs envies, et surtout hors de ces grilles!


Si nous pouvons vivre avec nos religions, eux aussi, le peuvent!


merci à vous lecteurs!


Re: redaction
Envoyé par: PMV (Adresse IP conservée)
Date: dim. 30 mars 2014 18:32:03

Un peu léger, quand même ! Je t'offre un superbe exemple d'introduction et tu complètes par deux lignes creuses, rédigées en trois minutes, et qui ne répondent pas à l'exigence d'argumentation. Argumenter, c'est produire, présenter des preuves, des raisonnements, pour défendre une thèse, une opinion. Ici, il s'agit de convaincre le lecteur que les Kanak sont des êtres humains. Ceci dit, en effet, c'est difficile, et ça devait l'être encore plus à l'époque. Je suis tombé sur un article écrit en 1885 dans lequel un anthropologue présente un jeune Kanak. Lorsqu'il parle des hommes de la tribu, il dit "les mâles", et il appelle leur chevelure la "crinière".
[www.persee.fr]


J'ai aussi trouvé un superbe article publié dans une revue d'anciens combattants : "Le combattant du Poitou" No 39 publié en novembre 1931 (l'Exposition coloniale fermait ses portes).


Tu pourras le lire pour dégager l'argumentation (une véritable argumentation, celle-là) qui condamne l'exhibition des kanak (à l'époque, on écrivait les "canaques"). Et tu noteras aussi le titre de l'article : "Un scandale !", qui "pète", qui accroche bien plus que ton triste : "À tous les lecteurs"...


Il faut se rappeler que la Nouvelle-Calédonie est, à cette époque, une colonie française. Une colonie, c'est un territoire qui par différents processus, passe sous la domination d'un pays, généralement puissant. Les territoires que nous appelons aujourd'hui les "Dom-Tom" sont d'anciennes colonies, des territoires qui ont appartenu à la France et qui y sont aujourd'hui rattachés, sous différents statuts. Le système colonial est fondé sur l'idée d'un échange (idée discutable, mais ce n'est pas le propos ici). Le pays colonisateur apporte aux populations "indigènes" les bienfaits de la civilisation, l'éducation, les services de santé, une administration, le progrès, la technologie. En échange, le pays colonisé laisse exploiter ses matières premières, les minerais, les épices, le caoutchouc, les denrées exotiques qu'on ne trouve pas dans la métropole.


L'argumentation au centre de l'article repose sur la contradiction, le décalage qui existe entre les grandes déclarations de la France, qui se vante d'apporter le progrès, la civilisation à des populations "sauvages" et l'exhibition honteuse de ces mêmes populations montrées comme des animaux dans le cadre d'une exposition. D'un côté, on dit : Bien sûr, les Kanak ont un mode de vie plus primitif que le nôtre, mais nous leur apportons la civilisation, le progrès et l'éducation. Mais de l'autre côté, on les montre comme des sauvages qui ne savent ni lire, ni écrire, et n'ont aucun verni de civilisation. Le visiteur qui voit les Kanak dans leur enclos peut, à juste titre, se demander : "C'est donc ça, le résultat de ce que nous avons mis en place là-bas ? C'est donc là le résultat de la grande oeuvre colonisatrice que nous menons dans ce pays depuis des décennies ?"


Parmi les autres arguments donnés dans l'article :
- Sait-on ce que font les Kanak dans leur île ? La plupart ont un métier, ils sont commerçants, mécaniciens, cultivateurs.
- La plupart parlent et écrivent couramment le français, parce qu'ils ont été dans les écoles créées par les prêtres missionnaires catholiques ou protestants.
- Tous les peuples ne sont pas au même niveau de développement. C'est le devoir des peuples les plus évolués de faire progresser les peuples les plus primitifs, de les tirer vers le haut plutôt que de les maintenir dans l'état de sauvagerie. (C'était exactement ce que pensaient les Romains quand ils ont envahi la Gaule, apportant leur brillante civilisation à un peuple de sauvages hirsutes mangeurs de sangliers, voir ton Astérix préféré.)
- La richesse de la terre vient de la diversité des peuples qui l'habitent. Donc, il ne faut pas voir les différences de cultures comme des menaces ou des sujets de moquerie ou de mépris, mais justement comme des richesses.
- Les Kanak que nous colonisons font l'effort d'essayer d'adopter en partie notre civilisation et notre mode de vie. Il font la moitié du chemin pour se rapprocher de nous. De notre côté, est-ce que nous faisons l'autre moitié pour nous rapprocher d'eux ?
- Le destin de tous les peuples est lié, et on ne peut les dissocier. Tu peux reprendre la formule de Paul Raynaud cité dans l'article : "Soyons, les uns et les autres, des hommes de bonne volonté. Au bout de la route, il y a pour vous et pour nous le bonheur ou le malheur commun." (Ton professeur n'a certainement pas lu l'article du "Combattant du Poitou", il n'y verra que du feu, c'est pour rire).
- Enfin, l'argument massue, décisif : parmi les Kanak parqués dans le zoo de l'Exposition coloniale, il y a deux anciens combattants de la guerre de 14-18, qui ont risqué leur peau en France (parmi les très nombreux qui ont donné leur vie, on estime qu'entre 550.000 et 600.000 "indigènes", c'est ainsi qu'on les appelait, on combattu en France, pour la France, venant de toutes les colonies, tirailleurs algériens, spahis marocains, tirailleurs sénégalais, soldats malgaches, indochinois, mélanésiens, somaliens, kanak, et que 70.000 sont morts au champ d'honneur.)


Bien sûr, il ne s'agit pas d'un devoir d'histoire, mais d'un devoir de français, et l'on ne jugera pas tes connaissances historiques sur le sujet, mais la qualité de ta lettre et la mise en pratique des consignes. Toutefois, si tu n'as rien à dire dans ton texte, si ton argumentation se borne à des considérations enfantines générales du type : "ce sont des gens comme nous" et "c'est pas bien de se moquer des autres", ça restera plutôt faible et au ras des pâquerettes...


Bon, j'ai assez travaillé pour toi (mais ce fut un plaisir de me documenter sur cet épisode peu glorieux de notre histoire, que je ne connaissais pas, et ça m'a permis de lire le livre de Didier Daeninckx). Avec toute la matière que tu as désormais, tu devrais pouvoir faire un devoir qui fera éclater le barème. Encore faut-il prendre le temps, retrousser ses manches, et travailler avec passion, et non pas accomplir une triste corvée qu'il faut bâcler le plus vite possible pour retourner sur fesse-bouc. À toi de jouer.


Cordialement,
PMV


UN SCANDALE


Comment la France laisse bafouer son œuvre colonisatrice


Une troupe de 54 canaques - nous apprend une note de presse - vient d'arriver à Paris après avoir effectué (comme chanteurs et danseurs) une tournée dans les grandes villes d'Europe.
Est-ce qu'à ceux-là aussi, il a été imposé de jouer au « sauvage » ?
C'est pourtant le triste sort qui a été réservé à ceux qui, au Jardin d'acclimatation (entre les singes et un crocodiles) sont contraints à danser ou à se livrer à des travaux rustiques alors que, dans le civil, - si je puis ainsi parler - ils sont colons, commerçants ou mécaniciens : alors qu'ils parlent et écrivent couramment le Français ayant été pour la plupart élevés par les Missions catholiques et protestantes. Leur recrutement a été un scandale.
On leur a demandé de venir en France pour l'Exposition Coloniale et des marchands d'esclaves - ou des trafiquants de vies humaines ce qui est la même chose, - les ont livrés moitié au Jardin d'acclimatation, moitié à Hambourg.


Comme c'est malin !


Alors que nous parlons - et à juste titre - de l'œuvre de colonisation de la France, nous laissons infliger ce sanglant démenti de tolérer que l'on montre comme des sauvages des hommes qui ont connu - et apprécient - les bienfaits de la civilisation.


Et c'est ici qu'il convient de rappeler le discours prononcé, à Marseille, par Paul Raynaud avant son départ pour l'Indochine :


« Après l'ère de la brousse, l'ère des bureaux. Il arrive parfois que des fonctionnaires surchargés de besognes administratives se bornent à transmettre à l'indigène les ordres reçus d'en haut. Le contact est rompu, les malentendus surgissent et, en même temps, un système s'édifie, celui de l'assimilation. Il est fondé sur la notion abstraite de l'identité des hommes. Les différences entre les hommes marquent seulement des étapes sur la route de la civilisation.
Des peuples sont en retard à qui il faut faire brûler des étapes.
Mais la vie fait éclater les systèmes.
Ceux qui se penchaient sur les races, les coutumes, les religions, les superstitions, voyaient s'épanouir devant eux la prodigieuse diversité de la vie.
J'appelle les hommes d'action à ce retour à la vie. Tous l'ont déjà fait d'instinct. Ils éprouvent une chaude sympathie humaine pour ces peuples au passé tragique et sans cesse tourmenté. Sans doute, leur avons-nous apporté la paix française et ses bienfaits. Mais, est-ce là que s'arrête notre devoir ? Ne les voyons-nous pas souffrir du déséquilibre de deux civilisations qui vont l'une vers l'autre, mais qui ne se sont pas encore harmonisées ?
Et je me retourne vers ceux qui vivent à l'ombre de notre drapeau et je leur demande : êtes-vous sûrs d'avoir fait, vous aussi, l'effort de compréhension qu'impose une adaptation qu'il ne vous appartient pas d'éviter ? Avez-vous fait unt partie du chemin ?"
Soyons, les uns et les autres, des hommes de bonne volonté. Au bout de la route, il y a pour vous et pour nous le bonheur ou le malheur commun. »


Nous avions tous applaudi à ces sages pensées ; pourquoi faut-il que des faits tels que ceux que nous venons de signaler leur fassent un douloureux écho ?
Nous avons d'autant plus de peine à signaler ces faits que parmi les canaques ainsi recrutés - et pour quelle propagande ! - se trouvent deux authentiques anciens combattants, titulaires de la carte. ayant tout spécialement combattu au Chemin des Dames.
L'un d'eux assista même, par nos soins, au banquet du 9 août dernier offert aux Français et aux Indigènes habitant hors Métropole.
Il y a quatorze ans, ces deux camarades combattaient chez nous pour la civilisation.
Quatorze ans plus tard, ils figurent, comme « sauvages » dans ce même pays et en Allemagne, qui plus fort est.


A quoi pensons-nous ?


François MALVAL



Modifié 4 fois. Dernière modification le 31/03/14 00:21 par PMV.




Si vous souhaitez répondre ou initier une discussion pour poser une question, vous devez être inscrit sur intellego et vous identifier sur le forum
Cliquez ici pour vous inscrire sur intellego.

Les forums d'aide aux devoirs


BAC 2013

BAC S

BAC ES

BAC L

BAC STG

BAC STI2D

BAC STD2A

BAC ST2S

BAC STL

BAC Hôtellerie


BAC de français

BAC mathématiques

BAC physique chimie

BAC SVT

BAC Histoire - Géographie

BAC Philosophie

BAC anglais

BAC SES


Réussir son TPE

Annales corrigées BAC

Calendrier du bac

Méthodologie bac

QUIZ de révision bac

Aide gratuite en ligne

Oral de rattrapage


Corrigés gratuits bac 2010

Corrigés gratuits bac 2011

Corrigés gratuits bac 2012


Sujets probables bac 2013


Résultats BAC 2012

BREVET 2013

BREVET de Maths

BREVET de Français

Dictée du BREVET

BREVET d'Histoire Géographie

QUIZ de révision du BREVET

Calendrier BREVET 2012

Calcul des points du BREVET 2012


Résultat GRATUIT du BREVET 2012


Sujets corrigés BREVET 2012

Sujets corrigés BREVET 2011

Sujets corrigés BREVET 2010

Sujets corrigés BREVET 2009

DOSSIERS de la REDACTION

Orientation
Vie scolaire
Culture
Santé
Soutien scolaire

TESTS D’ORIENTATION

Etes-vous fait pour la FAC ?
Atout métier
Atout orientation collège et lycée