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Philosophie dissertation. "Donner tort à une opinion est-ce faire preuve d'intolérance ?"
Envoyé par: Vaga7C (Adresse IP conservée)
Date: mer. 26 octobre 2016 14:01:46

Bonjour j'ai une dissertation de philo à faire et j'ai virement beaucoup de mal à m'y lancer car c'est ma première dissertation
.. Pouvez vous m'aider s'il vous plaît. La question de mon sujet est "Donner tort à une opinion est-ce faire preuve d'intolérance ?"


Re: Philosophie dissertation. "Donner tort à une opinion est-ce faire preuve d'intolérance ?
Envoyé par: PMV (Adresse IP conservée)
Date: mer. 26 octobre 2016 14:08:56

Bonjour,


Qu'entends-tu pas "t'aider" ? Faire la réflexion à ta place ? Ça ne servirait pas à grand-chose. Alors, sans penser à la dissertation, commence par trouver une idée, une seule petite idée, même mal écrite, même au ras des pâquerettes, et à partir de là, on pourra commencer à réfléchir ensemble. À condition bien entendu que ton devoir ne soit pas pour demain, parce que ce serait trop tard.


Cordialement,
PMV


Réponse pour PMV
Envoyé par: Vaga7C (Adresse IP conservée)
Date: mer. 26 octobre 2016 14:56:36

Non je veux de l'aide je veux que vous me structurez le devoir de A à Z s'il vous plait. Non je suis en vacances. Je dois le rendre dans 8 jours. Je pense que la réponse est "Oui mais non..."
J'ai définir les deux termes.
- intolérance : refus d'admettre l'existence d'idées ou de croyances ou d'opinions différentes des siennes
- opinion : jugement, avis, sentiment qu'un individu ou un groupe émet sur un sujet


Réponse pour PMV
Envoyé par: Vaga7C (Adresse IP conservée)
Date: mer. 26 octobre 2016 14:59:21

Je n'arrive pas à trouver une problématique j'ai vraiment du mal avec ce sujet c'est mon premier devoir à rendre et on a pas vraiment eu d'aides sur ce sujet c'est pour cela que je fais appel à vous
Merci de vos réponses et de votre aide !


Philosophie dissertation. "Donner tort à une opinion est-ce faire preuve d'intolérance ?
Envoyé par: PMV (Adresse IP conservée)
Date: mer. 26 octobre 2016 23:34:40

Ben oui, mais un devoir de philosophie, avant d'être une dissertation, c'est d'abord une réflexion. Et moi aussi, n'ayant pas la science infuse - ça n'existe pas en philosophie -, il faut que je réfléchisse, que je trouve des arguments, que je les classe, que je les évalue, que je les développe ou que je les élimine. Ces arguments, c'est le matériaux même de la dissertation, ce sont les ingrédients du plat, il faut les rassembler et les préparer avant de penser au plan, à la problématique, c'est-à-dire à la présentation.


Alors voyons, réfléchissons. Ta définition de "l'opinion" est bonne, mais à mon avis, elle n'est pas complète, ou du moins pas assez développée. Tu n'insiste pas sur la notion la plus importante : "jugement, avis, sentiment", cela implique des affirmations, des positions qui ne sont pas étayées par la raison, qui n'ont pas pas été passées au crible de la réflexion, qui sont souvent subjectives. On pourrait classer dans cette notion d'opinion les "préjugés", les "croyances", les "on-dit", les "a priori", les "stéréotypes", les "idées reçues". Une opinion, c'est effectivement un jugement, un avis, un sentiment qu'on a sur quelque chose, mais qui n'est pas de l'ordre du scientifique, du rationnel, qui n'a pas fait l'objet d'un examen rigoureux. Une opinion n'est pas une vérité. C'est une conjecture, une hypothèse. Si je dis "Les Noirs ont le sens du rythme" ou "les Allemands sont arrogants", ce sont des opinions, qui s'apparentent à des stéréotypes, mais qui n'ont aucun fondement scientifique. C'est quelque chose qu'on a entendu, quelque chose qu'on tient pour acquis, quelque chose que les gens répètent, parfois quelque chose qui nous a été inculqué dès l'enfance, c'est une "idée reçue", ce que les philosophes appellent la "doxa" :
[fr.wikipedia.org]


Tu trouveras sur cette page Wikipédia une amusante liste d'idées reçues, depuis la masturbation qui rend sourd jusqu'aux autruches qui enfouissent leur tête dans le sable :
[fr.wikipedia.org]


Quant à ta définition de l'intolérance, elle est juste encore, mais tu n'insistes pas assez sur sa dimension morale. Être intolérant, au-delà "des idées, des croyances ou des opinions" c'est refuser d'admettre des valeurs morales qui vont à l'encontre des siennes. En ce sens, on parlera surtout de tolérance ou d'intolérance à propos d'opinions qui ont un rapport à une conception du bien et du mal, à une croyance religieuse ou philosophique, etc. Et "Tolérer, c'est accepter ce qu'on pourrait condamner, c'est laisser faire ce qu'on pourrait empêcher ou combattre. C'est donc renoncer à une part de son pouvoir, de sa force et de sa colère..." (André Comte-Sponville - Petit traité des grandes vertus)


Je regarde le sujet "bêtement" (c'est ce que je sais le mieux faire) et tout naturellement, je réponds comme toi, Non... et oui. Donner tort à une opinion, cela peut se faire par une argumentation raisonnée (le contraire de "donner tort", c'est "donner raison", qui contient les dérivés "raisonnement" "rationalité", etc.). Cela peut se faire par une démarche philosophique comme celles qu'utilisait Socrate dans ses dialogues rapportés par Platon. C'est la "maïeutique", l'art d'accoucher les esprits. Socrate laisse son interlocuteur développer ses opinions, et le place devant ses contradictions, ses erreurs de raisonnement, ses incohérences, ses "apories", pour, petit à petit, l'amener à découvrir lui-même la vérité.
[fr.wikipedia.org])


En ce sens, il n'y a évidemment aucune notion d'intolérance. Elle apparaîtra si, sans même prendre la peine d'argumenter - ou d'entendre les arguments de l'autre -, je refuse purement et simplement les opinions qui ne sont pas les miennes, si je n'accepte pas qu'on pense autrement que moi. C'est l'argument d'autorité de ma mère qui me disait, quand j'étais gamin : "Tu iras à la piscine quand tu sauras nager" et qui refusait d'entendre mon argument : "Mais comment saurais-je nager si je ne vais pas à la piscine ?" Bon, c'est oublié, depuis le temps, je sais nager.


Donc, j'aurais envie de dire, avec un petit jeu de mots, qu'il y a intolérance si je donne tort à une opinion sans en donner la raison.


Ça m'a mis en appétit. Et j'ai trouvé quelques références :


Un proverbe : "Toutes les opinions sont respectables".


Un amusant paradoxe de Jacques Prévert : "Toutes les opinions sont respectables. Bon. C'est vous qui le dites. Moi je dis le contraire. C'est mon opinion : respectez-la donc !" Ça a l'air léger, comme ça, mais ça soulève un vrai problème. La tolérance illimitée envers les intolérants peut la conduire à sa perte. De la même façon, le paradoxe de la démocratie : une démocratie peut-elle, au nom de la liberté d'opinion, laisser agir ceux qui combattent la démocratie ? Voir le "paradoxe de la tolérance" de Karl Popper :
[fr.wikipedia.org]


Une pensée de Pascal : "Ceux qui jugent d’un ouvrage sans règle sont à l’égard des autres comme ceux qui ont une montre à l’égard des autres. L’un dit : il y a deux heures ; l’autre dit : il n’y a que trois quarts d’heure. Je regarde ma montre et je dis à l’un : vous vous ennuyez, et à l’autre : le temps ne vous dure guère, car il y a une heure et demie. Et je me moque de ceux qui disent que le temps me dure à moi et que j’en juge par fantaisie.
Ils ne savent pas que j’en juge par ma montre."


L'article 19 de la Déclaration des droits de l'Homme : "Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit à ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit."


La parabole bouddhiste des aveugles et de l'éléphant. Bouddha assemble les aveugles autour d'un éléphant et leur demande de dire ce que c'est. Celui qui touche la patte dit : C'est un tronc d'arbre. Celui qui touche la queue dit : C'est une corde. Celui qui touche la trompe dit : C'est un tuyaux. Celui qui touche une défense dit : C'est une branche. Seul celui qui prend suffisamment de hauteur pour considérer l'ensemble peut accéder à la vérité.


À rapprocher de l'allégorie de la caverne de Platon, qu'il ne faut pas hésiter à servir, c'est un grand classique. Les hommes au fond de la caverne ne perçoivent que leurs ombres, des illusions qu'ils prennent pour la réalité (ces ombres pourraient être les opinions que tant de gens tiennent pour des certitudes). Seul celui qui sortira vers le soleil pourra avoir connaissance de la réalité. Mais lorsqu'il reviendra parmi les autres, voudront-ils seulement le croire quand il tentera de leur ouvrir les yeux, et n'auront-ils pas envie même de le tuer ? Après tout, quand on vit dans le confort de ses certitudes, fussent-elles fausses, il est parfois très déstabilisant, voire douloureux, de devoir y renoncer et en adopter d'autres...
[fr.wikipedia.org]


Une chanson : Mourir pour des idées, de Georges Brassens :
[www.youtube.com]


Une opinion n'est pas nécessairement juste, c'est ce qui la caractérise. Revenons à la pensée de Pascal citée plus haut. Celui qui s'est ennuyé dira : "Ça fait deux heures que je suis là". Celui qui s'est occupé à quelque chose de passionnant dira : "Ça fait à peine 30 minutes que je suis là", et celui qui a une montre dira : "Ça fait exactement 1h30 que vous êtes là". Ce dernier opposera un fait objectif, irréfutable à deux opinions subjectives, et fausses. Fait-il preuve d'intolérance ? Évidemment non. D'une part, il ne s'agit pas d'un sujet ayant une dimension morale, la notion de bien et de mal n'intervient pas, l'idée de tolérance ou d'intolérance n'a rien à faire ici. D'autre part, la vérité est connue avec certitude, elle est indiquée par la montre, et "Quand la vérité est connue avec certitude, la tolérance est sans objet" (André Comte-Sponville : Petit traité des grandes vertus). Et puis, sur la forme, là où Socrate faisait preuve de logique et de rigueur intellectuelle, celui qui a une montre fait preuve tout simplement d'objectivité. Dans les dialogues de Platon comme chez Pascal, il n'y a pas d'intolérance car il y a une vérité. Le disciple de Platon finit par l'admettre, après être revenu sur ses erreurs de jugement, et les interlocuteurs de Pascal sont bien forcés d'accepter l'arbitrage impartial de la montre.


Faire preuve d'objectivité, c'est facile si j'ai une montre, s'il y a un arbitre impartial qui dit qui a tort et qui a raison. Mais si je n'ai pas de montre, pas d'instrument de mesure, pas de preuve objective et irréfutable de ce que j'avance, que pourrais-je opposer à des opinions qui me paraissent fausses, sinon ma propre opinion, qui peut-être, elle-même, est également fausse ? Si quelqu'un m'affirme "Dieu existe", il ne pourra jamais me le prouver de manière irréfutable. C'est son opinion. Mais que pourrais-je lui opposer, moi qui n'y crois pas, - c'est mon opinion -, sinon des arguments qui ne prouveront jamais formellement l'inexistence de Dieu ? Si nous en discutons, raisonnablement, en personnes civilisées, devant un verre, tout se passera le mieux du monde, il est vraisemblable que nous tournerons en rond et qu'aucun ne parviendra à convaincre l'autre, mais nous pourrons admettre avoir des opinions différentes sur ce sujet, et rester bons amis. Mais que se passerait-il si l'un ou l'autre était tellement persuadé de la justesse de son opinion que l'idée qu'on puisse en avoir une contraire lui serait insupportable ? Et bien, peut-être, sans doute, nous nous battrions.


Pourquoi des opinions, qui ne sont que des hypothèses, des jugements subjectifs, des avis sans fondement rationnel, peuvent-elles se confronter et entrer en conflit au point de générer des guerres et des massacres ? Comment peut-on mourir ou tuer pour l'hypothèse de Dieu ? Car si le croyant est honnête, raisonnable, en un mot : philosophe, il ne remettra évidemment pas en doute, pour lui-même, la certitude de l'existence de Dieu, mais il devra admettre qu'il est incapable de la démontrer, donc qu'il est logique que d'autres puissent en douter. En revanche, si c'est un fanatique, refusant la réflexion et les lumières de la philosophie, - ou ayant subi un lavage de cerveau - ce qui ne pouvait être qu'une opinion est devenue une vérité. Peut-être que l'opinion qu'elles ont des choses est plus importante pour certaines personnes que la vérité ? Peut-être en ont-elles besoin, et la soutiendront-elles coûte que coûte, parce qu'elle donne un sens à leur vie et qu'ils ne peuvent y renoncer ? Tout le monde n'est pas capable d'adopter le principe de Descartes énoncé dans le Discours de la Méthode : "ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle". Ce principe exclut de fait toute intolérance, puisque, par sa démarche, Descartes doute systématiquement de toutes les opinions qu'il peut avoir, et ne peut donc s'offusquer qu'on les combatte ou qu'on les réfute.


Je pense aussi, c'est d'actualité, aux théories du complot. Par exemple, j'ai appris avec stupéfaction qu'il y a aujourd'hui des gens qui sont persuadés que la terre est plate (on les appelle les "platistes"), et convaincus que ceux qui la croient sphériques sont victimes d'un immense complot, avec photos truquées de la Nasa, complicité des États, etc. Ils avancent un fatras d'explications pseudo-scientifiques pour étayer leur thèse, mais leur principal argument reste que c'est écrit dans la Bible, et que la Bible ne peut pas se tromper. Quels arguments opposer à ceux-là ? Ils n'en admettront aucun, ils auront toujours une réponse à tout, leur opinion est devenue pour eux vérité. Ferais-je preuve d'intolérance en affirmant qu'ils ont tort ? Peut-être. Mais, même si ces doux dingues ne font après tout de mal à personne, puis-je, au nom de la rigueur scientifique, au nom de la vérité, les laisser dire n'importe quoi ? N'y a-t-il pas là une sorte d'insulte à tous les savants, à tous les grands esprits qui ont démontré au fil des siècle la sphéricité de la terre ? Et cette réflexion m'amène tout naturellement à Galilée, assurant que la terre était ronde et tournait autour du soleil et confronté au dogme chrétien de la terre plate et immobile au centre de l'univers. Qui était intolérant ? Certainement pas Galilée, puisque devant les menaces de l'Église, il s'est prudemment (et intelligemment) rétracté.
[www.philosciences.com]


Cet exemple montre qu'on peut lire le sujet en miroir. Donner tort à une opinion, cela peut être une forme d'intolérance, mais cela peut également susciter l'intolérance. Notamment quand cette opinion a pris la force d'un dogme (une affirmation donnée comme une certitude, mais non vérifiable). Il y a une force terrible aujourd'hui, c'est "l'opinion publique", ce que pense le plus grand nombre, ce qu'à peu près tout le monde admet sans se donner la peine de le vérifier ou seulement de l'examiner. Elle va avec sa conséquence, le "politiquement correct". Prendre le contre-pied de cette opinion publique, même d'une manière argumentée et raisonnable, c'est s'exposer à de terribles représailles. Les opinions publiques s'érigent parfois en dogme, et même en tabous. Le problème est qu'elles peuvent être influencées, manipulées, par la presse, par la propagande, les leaders politiques, etc. Des avocats se font insulter et agresser parce qu'ils défendent des criminels considérés comme des monstres irrécupérables et indéfendables par l'opinion publique, tueurs en série, pédophiles sadiques, terroristes, etc. Ils pourront mettre tout leur talent pour essayer de donner de leur client une image plus présentable, voire de démontrer leur innocence, ils ne seront jamais entendus et susciteront l'hostilité ou l'indignation. Avant même le procès, l'opinion publique a décidé de la culpabilité de l'accusé. Au risque de se tromper lourdement, voir par exemple l'affaire d'Outreau.


Et puis, pour prendre le contre-pied du proverbe cité plus haut, toutes les opinions sont-elles vraiment respectables ? N'y a-t-il pas des opinions néfastes, dangereuses, des opinions qu'il faut combattre avec intransigeance et même avec intolérance, justement parce qu'elles sont intolérables ? Par exemple, celle qui consiste à croire que les races humaines sont inégales et que certaines sont inférieures à d'autres, ce qui justifierait l'esclavage ou la Shoah ? Si l'on ne peut les réfuter par des arguments rationnels et scientifiques, ou si les gens qui les professent ne veulent pas entendre ces arguments, ne faut-il pas tout simplement les condamner autoritairement sans procès, sans raisonnement et sans avancer d'arguments, simplement parce qu'elles représentent un danger pour l'humanité ?


Alors, comment faire ta dissertation ? D'abord une introduction, que tu commenceras dans l'idéal par une citation qui "accroche" le lecteur. Puis tu définiras les termes employés, mais pas comme tu l'as fait, pas en recopiant le dictionnaire. Il faudrait le faire d'une manière élégante, il faudrait que ça vienne sans qu'on s'en aperçoive, que ça coule, puisque tu es en section littéraire, tu sais faire. Et puis, évite ces insupportables formules : "Nous avons vu que", "Nous allons à présent démontrer", etc. qui sont lourdingues au possible et désespérément scolaires. Une bonne dissertation ne doit pas avoir l'air scolaire.

Ensuite, la sacro-sainte problématique. Ici, je te laisse réfléchir un peu et ruminer ce que j'ai écrit. Peut-être faudrait-il poser ici directement le problème moral, quelque chose comme : "Être tolérant, est-ce tout tolérer ?" ou encore : "Toutes les opinions sont-elles vraiment respectables ?"
Ensuite, il faut élaborer un plan, qui doit figurer dans l'introduction. Le plan académique est traditionnellement en trois parties : une thèse, oui, une antithèse qui la contredit, non, et une synthèse qui ne doit pas être "p'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non", mais qui doit "concilier et dépasser", c'est le plus difficile.


Tu pourras lire avec profit le très intéressant cours de Simone Manon sur l'opinion, et aussi les discussions et les commentaires qui le suivent. (Attention ! Il est formellement interdit de copier/coller, c'est la honte).
[www.philolog.fr]


Bon, j'ai assez tartiné, je te laisse cogiter. ce que j'ai écrit n'est pas encore une dissertation, ce sont des éléments de réflexion, de la matière à discussion, à réfutation, à approfondissement. Cela demande à être mûri, c'est pourquoi on ne fait pas une bonne dissertation dans l'urgence la veille pour le lendemain, mais on y pense un peu chaque jour, on y réfléchit dès qu'on a un peu de temps. Et on ne se précipite pas sur le plan et la problématique, ils s'imposeront d'eux-mêmes si l'on a correctement réfléchi. À toi donc de faire chauffer tes neurones, à toi de "penser", et pour reprendre la formule de Comte-Sponville, penser aussi loin qu'on vit, donc le plus loin qu'on peut, donc plus loin qu'on ne sait...


Bon courage,
Cordialement,
PMV


Réponse pour PMV
Envoyé par: Vaga7C (Adresse IP conservée)
Date: jeu. 27 octobre 2016 04:33:49

Merci beaucoup vraiment PMV. On voit bien que tu as un précieux savoir faire. C'est à dire pour la problématique, thèse, antithèse et synthèse ? Cela consiste à quoi ? Et comment l'annoncer et quand ? Comment le formuler. J'ai vraiment du mal avec sa... Je ne sais pas le faire je l'avoue mais j'ai vraiment envie de donner mon maximum mais j'ai un blocage avec sa.. Merci de me re répondre PMV ! Vos réponses sont supers vraiment et encore merci !


Réponse pour PMV
Envoyé par: Vaga7C (Adresse IP conservée)
Date: jeu. 27 octobre 2016 04:41:06

J'ai plein d'autres questions à vous poser. Il faut que je donne des exemples précis avec des auteurs où non ? Comment puis je faire ? Honnêtement c'est pas une excuse mais dans ma classe beaucoup sont pas sérieux et la prof nous à mis de côté elle fait son cours et basta elle ne nous apporte aucune aide donc voilà pourquoi je bloque autant avec la dissertation et ce sujet est assez difficile pour un premier devoir je trouve. Il ya plus simple et celui ci me bloque merci de me répondre et je vous en serait reconnaissante de toute votre aide. À demain et merci encore


Cordialement, Vaga7C


Re: Philosophie dissertation. "Donner tort à une opinion est-ce faire preuve d'intolérance ?
Envoyé par: PMV (Adresse IP conservée)
Date: jeu. 27 octobre 2016 18:47:46

Bonjour,


Pour commencer, parce que ça me hérisse et m'insupporte, il est urgent d'apprendre à distinguer "sa", pronom possessif, et "ça", pronom démonstratif. Franchement, en terminale littéraire, "ça" choque un peu, ou pour parler d'une façon plus relâchée, "ça" le fait pas. "Sa" se dit pour "la sienne" - ça commence par la même lettre : SA chemise (la Sienne), SA moto (la Sienne), SA tête de clown (la Sienne). "Ça" se dit pour "Cela", pour "Cette chose-là" ça commence par la même lettre : donne-moi ÇA (donne-moi Cela, donne-moi Cette chose-là). ÇA ne s'invente pas (Cela ne s'invente pas). ÇA ne fait rire personne (Cela ne fait rire personne), etc. "J'ai vraiment du mal avec..." "sa" (avec la sienne) ? avec "ça" (avec cela) ? Bravo, j'ai vraiment du mal avec ÇA. "J'ai un blocage avec..." ? Bravo ! un blocage avec ÇA. Tu ne peux pas imaginer combien ces fautes élémentaires indisposent un correcteur. Je viens de te faire gagner un point au Bac, c'est déjà ÇA.


C'était pour rire, évidemment tu le savais déjà. Pour le reste, il semble que tu n'aies pas encore vraiment l'esprit philosophique. Je ne suis pas sûr que tu aies vraiment réfléchi au problème, pas sûr que tu aies consulté les pages Internet que je t'indiquai, obnubilée que tu sembles être par l'introduction, la problématique, les thèses, antithèse, fouthèse, etc. Tout ça (tout cela), ce n'est pas le plus important. C'est la cuisine. Évidemment, on préfère que le plat soit bien présenté, mais on préfère encore davantage que les produits servis soient bons, savoureux, cuits à point et bien assaisonnés. Une belle assiette avec rien dedans, c'est séduisant pour l’œil, mais pas vraiment satisfaisant pour l'estomac. Pense que la philosophie est une discipline formidable, parce qu'on peut - au bac tout au moins - avoir une excellente note sans avoir rien appris de l'année. Il suffit de savoir penser. Les correcteurs sont tellement heureux lorsqu'ils découvrent une copie qui contient une réflexion cohérente, quelques idées un peu originales et élaborées, même s'ils n'y trouvent aucune connaissance vraiment philosophique, qu'ils n'hésitent pas à faire exploser les barèmes.


Thèse, antithèse, synthèse, c'est bête comme chou. Imagine une discussion à trois personnages qui discutent de savoir, - exemple un peu bébête -, s'il faut interdire de marcher sur la pelouse. L'un dit que non, c'est la thèse. Il donne des arguments : 1) la pelouse appartient à tout le monde, 2) c'est le chemin le plus court pour traverser le parc, etc. Le deuxième dit que oui, c'est l'antithèse, il donne des arguments contradictoires : 1) si tout le monde piétine la pelouse, il n'y aura plus d'herbe, 2) ce n'est pas très contraignant de faire 100 mètres de plus pour la contourner, etc. Le troisième a écouté sans rien dire les arguments de l'un et de l'autre, puis il donne son avis : c'est la synthèse. Il ne tranche vraiment ni en faveur du oui, ni en faveur du non, mais il essaie d'avoir une vision plus large du problème, de le dépasser en prenant de la hauteur, en disant par exemple : peu importe qu'on interdise ou qu'on autorise de marcher sur la pelouse, le vrai problème réside dans les moyens que la mairie met en œuvre pour l'entretenir et, plus généralement, dans sa politique d'aménagement des espaces verts.


Un autre exemple qui me vient à l'esprit, plus amusant et plus parlant encore, la fable de La Fontaine : "L'huître et les plaideurs". Deux hommes se promènent sur une plage et voient une huître dans le sable. Ils se disputent pour savoir qui la mangera, et avancent chacun leurs arguments : je l'ai vue le premier ! Oui, mais moi je l'ai sentie le premier ! etc. C'est la thèse et l'antithèse. Arrive un troisième personnage, Perrin Dandin, à qui ils expliquent la querelle et qu'ils prennent pour arbitre. À qui doit revenir l'huître ? Perrin Dandin réfléchit un moment, puis ouvre l'huître et la gobe, et il donne à chacun une coquille. C'est la synthèse. Un peu caricatural, peut-être, mais facile à comprendre...


En philosophie, on appelle cette méthode une démarche "dialectique", une recherche de la vérité qui procède par l'examen des contradictions et tente de les dépasser. S'il n'y a que deux camps, les "oui", la thèse, et les "non", l'antithèse (ou le contraire, la thèse peut très bien être le "non"), ils vont échanger des arguments pour ou contre, mais ça risque d'être un dialogue de sourds qui n'avancera guère, chacun restera sur ses positions, et peut-être même, à court d'arguments, finiront-ils par se taper dessus. La synthèse est là pour faire avancer les choses, pour dire : Vous avez sans doute un peu raison les uns et les autres, mais le vrai problème n'est pas là, il faut le dépasser (ça rejoint un peu la parabole bouddhiste des aveugles et de l'éléphant que je citai dans un précédent message. Chacun ne voit qu'une facette de la vérité, le philosophe s'élève au-dessus des querelles et considère l'ensemble du problème). Le raisonnement dialectique est un raisonnement en mouvement, un raisonnement dynamique, qui doit forcément avancer. La grande erreur de beaucoup d'élèves, c'est qu'ils posent généralement bien les arguments "oui" de la thèse, les arguments "non" de l'antithèse, mais il n'arrivent pas à les dépasser, et ils reviennent à la fin de leur devoir à la question posée au début. On a l'impression d'avoir tourné en rond, d'avoir lu quatre ou cinq pages pour rien, puisque la question posée en sujet revient en conclusion sans avoir reçu de réponse. C'est une dissertation qui se mord la queue.


Tout sujet de philosophie pose un ou plusieurs problèmes. Il y a toujours au moins un lézard. Comme son nom l'indique, la problématique doit répondre à la question : "C'est quoi, le problème ?". Ici, il y a mise en relation entre les opinions et la tolérance. Combattre une opinion qu'on désapprouve, est-ce faire preuve d'intolérance ? On voit tout de suite sur quelle voie cherche à nous entraîner le prof qui a pondu le sujet (mais, qu'après tout, on n'est pas forcé de suivre) : "Être tolérant, est-ce tout tolérer ?", ou encore "Peut-on tolérer l'intolérable ?" Dans cette optique, on pourra mettre en exergue le slogan de mai 68 : "Il est interdit d'interdire", et y opposer la célèbre phrase de Saint-Just : "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté".


Pour répondre à ta question sur les exemples d'auteurs, bien sûr, tu peux en citer, c'est même vivement conseillé, tu peux également faire des parallèles avec des faits d'actualité, des œuvres littéraires ou artistiques, des proverbes, des films, pourquoi pas, etc. cela montrera que tu connais des choses et que tu as de la curiosité, une certaine culture générale et philosophique (attention tout de même de rester dans un domaine culturel classique. Pense que le correcteur n'a plus 18 ans, qu'il ignore très certainement les romans d'héroic fantasy, qu'il n'a probablement jamais lu Harry Potter et qu'il n'est pas expert en rap ou en metal fusion). On peut insérer des citations (entre guillemets, si possible parfaitement exactes, en indiquant toujours au moins le nom de leurs auteurs) mais il est rigoureusement interdit de copier/coller des phrases ou des paragraphes sur Internet sans citer ses sources. D'une part, c'est une preuve de malhonnêteté intellectuelle, on s'attribue des textes qui ne sont pas de soi, cela (ça) s'appelle du plagiat. En fac, ça (cela) entraîne des sanctions pouvant aller jusqu'à l'exclusion (et attention, il existe aujourd'hui des logiciels très puissants capables de détecter tous les passages plagiés dans un texte). D'autre part, on ne voit pas très bien l'intérêt, si ce n'est, à très court terme et d'une façon très immature, de se débarrasser d'un devoir et d'obtenir une note présentable. Mais au bac, pas d'Internet, pas de smartphone, on est seul devant sa feuille de papier et il faut faire chauffer ses neurones. Si l'on n'a jamais appris à le faire, c'est la catastrophe assurée.


Si tu veux devenir bonne en philo, il faut que tu t'intéresses à tout, il faut que tout soit pour toi objet de curiosité et matière à réflexion. Il faut que, du matin au soir, pour tout et n'importe quoi, ta vie soit une suite de "pourquoi ?" auxquels tu essaies de trouver des réponses, en examinant toutes les facettes du problème. Pourquoi dois-je me lever le matin ? Pourquoi les cours commencent-ils si tôt ? Pourquoi le cours de philo n'a-t-il aucun intérêt ? etc. Et puis, il faut que tu t'intéresses à l'actualité, à la politique, aux grands débats d'idées qui agitent périodiquement le monde, à l'élection présidentielle américaine, à la question de savoir si oui ou non il faut interdire le burkini sur les plages ou si le choix de Bob Dylan pour le prix Nobel de littérature était opportun, bref, il faut que tu cultives ton ouverture d'esprit, ta capacité à examiner lucidement et objectivement un problème, à peser les arguments pour et les arguments contre, en un mot ta capacité à philosopher.


Bon, tout ça ne répond pas vraiment à tes interrogations, c'est très général et pas très concret. Supprime tout le baratin et ne garde que l'essentiel... Ce qui s'appelle l'esprit de synthèse. Voilà cinq ou six citations philosophiques commentées qui peuvent avoir un rapport avec le sujet. Ce sont des pistes à prendre ou à laisser, et l'on peut en trouver d'autres.


"Quand le sens commun fait appel au sentiment, son oracle intérieur, il en a fini avec quiconque n'est pas de son avis, il doit déclarer qu'il n'a rien de plus à dire à celui qui ne trouve pas et ne sent pas la même chose en soi-même." (Hegel - Préface à la Phénoménologie de l'Esprit - 1807).


"L'oracle intérieur" dont parle Hegel, c'est le sentiment d'une vérité venue du cœur, on pourrait dire venue "des tripes". L'idée est qu'il est inutile de vouloir opposer des arguments raisonnables à celui qui soutient des opinions fondées uniquement sur ses sentiments, ses affects, ses ressentis, on pourrait dire : des opinions "épidermiques", voire "viscérales". Il ne les écoutera pas, et il ne pourra discuter qu'avec celui qui partage ses opinions. Par exemple, comme j'aime bien faire des parallèles avec l'actualité, je vais prendre le problème des migrants qui agite fort l'opinion publique française en ce moment. Je lis sur des forums certains commentaires (assez nombreux) qui traduisent une véritable hostilité, sinon une haine farouche envers les réfugiés chassés par les conflits du Proche et du Moyen Orient. Ces opinions ne sont pas rationnelles, en ce sens qu'elles mélangent tout et cherchent rarement à se justifier par des arguments. Elles traduisent un état d'esprit émotionnel, la peur diffuse d'un phénomène qu'on ne comprend pas, où tout le monde est mis dans un même sac, réfugiés, migrants, immigrés, étrangers, etc. Ces opinions semblent relever plutôt du fantasme que de la rationalité. Inutile de leur opposer des chiffres, des statistiques, d'expliquer par exemple que le regroupement familial, accusé d'amener en France des millions d'étrangers, ne concerne chaque année que quelques milliers de personnes. Les chiffres, les faits réels n'ont aucun effet, parce qu'on ne combat pas l'irrationnel par le rationnel, on ne combat pas l'émotion par la raison. Au pire, on ne voudra pas les entendre, au mieux, on prétendra qu'ils sont bidouillés. Ce sont ces opinions "fondées sur le sentiment" dont parle Hegel qui génèrent les thèses "populistes", les analyses simplistes où l'on a finalement l'impression que le problème est enfantin et qu'il suffirait d'une simple mesure de bon sens pour le résoudre. C'est le règne des "y'a qu'à...", "faut qu'on..." "il suffit de..." etc. Or, un problème social et politique n'est jamais simple, et sa résolution doit prendre en compte des multitudes de paramètres que l'opinion publique se refuse à examiner.


Dans un même ordre d'idée, une citation de Voltaire :


"Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?" (Voltaire - Dictionnaire philosophique - 1764).


Citation d'une actualité brûlante, qui orienterait d'emblée le devoir sur une piste polémique. La question posée est : quels arguments pourrais-je bien utiliser pour combattre rationnellement l'opinion irrationnelle d'un fanatique ? Il est évident qu'il n'y a pas d'arguments, ou qu'ils ne seraient pas entendus. Combattre une telle opinion de manière autoritaire, sans même argumenter, lui interdire purement et simplement de s'exprimer, est-ce de l'intolérance ?


"Je laisse chacun vivre selon sa complexion et je consens que ceux qui le veulent meurent pour ce qu'ils croient être leur bien, pourvu qu'il me soit permis à moi de vivre pour la vérité." (Spinoza, Lettre à Oldenburg, 1665). La tolérance dans certaines limites : toutes les opinions sont admissibles, à condition qu'elles ne me nuisent pas. À rapprocher de "la liberté des uns s'arrêtent où commence celle des autres".


"Quelle vérité que ces montagnes bornent, qui est mensonge au monde qui se tient au-delà ?" (Montaigne - Essais - 1580-1588).


à rapprocher de : "Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà" (Pascal - Pensées - 1669). L'idée est que la vérité morale est une chose relative, et que les opinions changent selon les pays, les cultures et les époques. Si certaines opinions qui sont en usage dans certains pays nous paraissent inadmissibles et intolérables (il faut lapider les femmes adultères, il faut couper la main des voleurs, par exemple), nous devons avoir conscience que certaines des nôtres sont tout aussi inadmissibles et intolérables pour d'autres cultures (la laïcité est une grande valeur de la République, tout comme l'égalité des hommes et des femmes, par exemple). À rapprocher de "Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage" (Montaigne - Essais - 1580-1588).


"La vérité ne peut être tolérante, […] elle n'admet ni compromis ni restriction." (Freud - Nouvelles conférences sur la psychanalyse - 1933). Cette réflexion rejoint celle de Comte-Sponville que je citai dans mon précédent message : "Quand la vérité est connue avec certitude, la tolérance est sans objet". Une opinion scientifique erronée doit être réfutée sans qu'on soit taxé d'intolérance, et le mathématicien qui s'est trompé dans son raisonnement l'admettra sans problème. Il y a des gens qui s'efforcent de prouver que 1+1=3. La plupart le font comme un jeu mathématique, pour le plaisir de faire chauffer leurs neurones et de s'amuser, sans que ça porte à conséquence. Mais certains y croient dur comme fer, comme certains croient au "créationnisme" (l'opinion qui soutient que la terre n'a que 6.000 ans au lieu de 4,5 milliards estimés par les scientifiques et que les créatures y sont apparues telles qu'elles sont aujourd'hui, sans avoir jamais évolué, contrairement à ce que soutient Darwin). Comme certains croient au platisme, la théorie de la terre plate. Mais si je dis que je "donne tort" à ces opinions, au nom de la vérité, je pressens bien l'argument philosophique que tu ne manqueras pas de m'opposer : Qui me dit, après tout, que j'ai raison ? Qui me dit que je détiens bien "la" vérité, qui me dit que je ne suis pas victime, comme tant d'autres, d'un immense complot, et que la terre n'a pas réellement 6.000 ans, malgré tout ce qu'on m'a appris dans les livres et à l'école ? Je pourrais mettre en avant la rigueur des expériences scientifiques, la datation au carbone 14, les travaux des archéologues, des astronomes, bref, avancer des arguments scientifiques, je pourrai dire que mon opinion est celle du plus grand nombre, et qu'il est peu probable que le plus grand nombre se trompe, je ne convaincrai jamais les tenants des opinions contraires. Après tout, il est vrai que les savants peuvent se tromper, et que le plus grand nombre n'a pas forcément raison. Ma seule justification sera qu'il faut bien s'appuyer sur quelque chose d'absolument assuré pour que le monde tienne debout, il faut bien s'appuyer sur quelques vérités considérées comme incontestables, même si elles ne sont pas vérifiables, pour que le monde reste cohérent. 1+1=2 est une vérité indémontrable, mais qu'on doit tenir pour immuable et incontestable sous peine de voir s'écrouler tout l'édifice des mathématiques. En morale, une vérité absolue non démontrable s'appelle un dogme. En science, cela (ça) s'appelle un axiome. Si la vérité est impossible à atteindre, si aucune vérité n'est jamais établie, acceptée, le monde devient une illusion. C'était la position des philosophes de l'école sceptique de l'Antiquité. À rapprocher de cette réflexion de Jules Lagneau : "Il est impossible de rien prouver qu'à qui veut bien être convaincu. Quelle que soit la vérité que nous reconnaissons à un moment donné, nous pouvons toujours nous demander si elle est vraie, si cette nécessité subie n'est pas qu'un fait." Cette attitude de doute absolu peut constituer une étape dans la recherche de la vérité (voir Descartes), mais elle doit impérativement être résolue si l'on veut pouvoir exercer sa liberté. En effet, dans un monde où rien n'est vrai, ou tout pourrait être faux, dans un monde où ce que je considère comme le bien pourrait en réalité être le mal (et le contraire), dans un monde où 1+1 font peut-être 2, mais peut-être 3 ou 4, comment puis-je agir librement, c'est-à-dire effectuer des choix ? Dans un monde où tout se vaut, où rien n'est assuré, pourquoi choisir telle option plutôt que telle autre ? Le scepticisme mène à l'immobilisme, à l'impuissance, ...et au désespoir.


Bon, alors maintenant, c'est à toi de mouiller la chemise, parce qu'il n'est pas normal que je passe plus de temps que toi sur ta dissertation. À partir de tout ce que j'ai écrit, et de ce que tu as toi-même lu et pensé, essaie de rédiger une introduction, et poste-la ici. Et tant mieux si elle est mal fichue, mal écrite, on pourra ainsi mieux la critiquer, voir ce qui ne va pas, ce qui est mal dit, ce qui n'est pas cohérent, et on pourra ainsi l'améliorer. C'est en forgeant qu'on devient forgeron, c'est en philosophant qu'on devient philosopheron...


Rappelle-toi : l'introduction, c'est le moment où tu dis à ton lecteur : "Voilà de quoi je vais vous parler." Elle doit accrocher, et pas endormir, elle doit préciser le sens des termes qu'on utilise, de façon à ce que chacun sache précisément de quoi on parle, elle doit énoncer clairement le problème qui va être examiné, c'est la fameuse problématique (et un sujet peut donner lieu à plusieurs problématiques, dans ce cas, il faut en choisir une et s'y tenir) et elle doit indiquer la démarche qu'on se propose de suivre pour cet examen, c'est l'indication du plan. En outre, elle ne doit pas être trop longue, elle doit se contenter d'indiquer rapidement les points qui seront examinés dans les parties suivantes, sans les développer (sinon on n'aura plus rien à dire), elle doit éviter les formules creuses, les phrases toutes faites qui donnent l'impression qu'on n'a rien à dire et qu'on remplit du papier en tirant à la ligne. Elle doit être précise, concise, efficace, si possible élégante, dans un français correct et sans fautes d'orthographe. Et il faut qu'à la fin, on ait envie de lire la suite.


Pour le plan, je te suggère ce découpage :


Thèse : Non. Donner tort à une opinion n'est pas une forme d'intolérance. Dans quels cas plus particulièrement ? Trouve trois arguments, en quelques mots.
1)
2)
3)


Antithèse : Oui. Donner tort à une opinion peut être une forme d'intolérance. Dans quels cas plus particulièrement ? Ici encore, trouve trois arguments.
1)
2)
3)


Et pour la synthèse et la conclusion, on verra plus tard.


Cordialement,
PMV




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