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dissertation: faut'il se méfier des évidences?
Envoyé par: Cerise007 (Adresse IP conservée)
Date: ven. 23 décembre 2016 23:38:03

coucou tout le monde! grinning smiley


j'ai un petit soucis xD j'ai trouvé une première partie pour ma dissertation que j'ai terminé de rédiger mais je ne trouve pas de deuxième partie... dans ma première partie je me suis questionnée sur "les évidences sont parfois trompeuses" mais la je n'ai pas d'idée pour cette deuxième partie... Pourriez vous m'aider s'il vous plait?^^the finger smileycool smiley


Re: dissertation: faut'il se méfier des évidences?
Envoyé par: PMV (Adresse IP conservée)
Date: mar. 27 décembre 2016 05:03:26

Bonjour,


Le but de la dissertation philosophique étant de montrer que l'élève a l'esprit suffisamment agile et ouvert pour examiner toutes les facettes d'un problème, la deuxième partie de ton texte devrait être le contrepied de ta première partie. Si tu as essayé de développer la thèse que, oui, il faut se méfier des évidences, ta deuxième partie doit être l'antithèse et donner des arguments dans le sens contraire, non, loin de s'en méfier, il faut au contraire s'appuyer sur les évidences.


Si la première partie de ta dissertation - la thèse - veut démontrer que le zèbre est un animal noir avec des rayures blanches, la deuxième partie - l'antithèse - devra s'attacher à prouver que le zèbre est un animal blanc avec des rayures noires. Et une troisième partie, - la synthèse -, essaiera de concilier et de dépasser cette contradiction. En fait le zèbre n'est ni blanc rayé de noir, ni noir rayé de blanc, il est rouge à l'origine, mais peint en noir et blanc à la naissance. C'est pour rire, et c'est complètement faux. Évidemment le zèbre n'est pas rouge, il est vert...


Maintenant, pour le développement, ça ne se bâcle pas en deux lignes et ça demande une discussion, et au moins une réflexion sérieuse.


Cordialement,
PMV


faut il se méfier des évidences
Envoyé par: Kanelux55 (Adresse IP conservée)
Date: mer. 28 décembre 2016 10:43:39

Déjà, je trouve ça très (très) suspect que tu commence à rédiger alors que tu n'as pas ébauché de plan ni quoi que ce soit....
De plus, je pense que le programme thèse/ antithèse/ foutaise semble une mauvaise façon d'envisager la dissert (je parle du truc oui/ non/ je sais plus).
En fait il faut lire, relire (et relire au fait) le sujet pour en faire une analyse grammaticale, c'est comme si t'avais toutes les réponses sous les yeux que tu devais fouiller...
Enfin bref tout ça c'est du joli mais concrétement!!


Faut il se méfier des évidence?


"faut il " renvoie à deux choses:
1/ la nécessité (il faut manger pour vivre)
2/ Ce qui est exigible (il faut respecter les lois (quand elles sont justes hein!!!!))
Parfois, les deux peuvent se compléter ou bien s'opposer..


tu as en partie répondu en disant: bah ouais fait s'méfier des évidences car elles sont trompeuses blabla...


"se méfier" le "se" suppose que c'est toit même qui doit te méfier de tes propres évidences, or chacun sait que c'est difficile de remettre en question ces évidences car elles peuvent jouer en nous comme des idoles et on peut les intégrer sur le plan inconscient blabla.. ça pourrait faire l'objet d'une sous partie.. Dans la même idée tu pourrais renverser le sujet en te demandant au lieu de faut il, "peut on se méfier", est ce si aiser de se remettre en question blabla...


Aprés faut se questionner sur ce qu'est une évidence...


Voilà c'est tout our moi


Re: dissertation: faut'il se méfier des évidences?
Envoyé par: PMV (Adresse IP conservée)
Date: jeu. 29 décembre 2016 12:12:34

Bonjour,


Heureux de voir, pour une fois, quelqu'un intervenir dans un fil. C'est désespérant, sur un forum, de ne lire que des dialogues, voire des monologues.


J'ai bien aimé les "blabla". Je suppose qu'ils représentent le remplissage, le tirage à la ligne, les formules creuses, les phrases inutiles, les paraphrases, circonlocutions ampoulées, redondances et tautologies qui constitue souvent l'essentiel de la copie d'un bachelier moyen modèle 2016. Le brouillard couvrant le néant, comme disait (injustement) Hugo à propos de la musique de Mendelssohn... Si je devais donner un conseil à Cerise007, ce serait plutôt : Pas de blabla, rien d'inutile, des phrases élégantes, des mots justes, et ne jamais exprimer en 20 mots ce que l'on peut faire comprendre en 10. Et bien sûr une orthographe la plus rigoureuse possible, mais ça va de soi.


Ceci posé, le conseil de lire et relire l'énoncé est tout à fait judicieux. S'il ne s'agit que d'en faire l'analyse grammaticale, ce sera vite résolu ici, mais au-delà des nuances du "faut-il" - nécessité ou du "faut-il" - devoir moral, je suis surtout intrigué par l'expression "se méfier". Cela sonne "moderne", comme une rubrique santé de magazine féminin, dont une rapide recherche sur Gougueule me livre de savoureuses versions : Faut-il se méfier du houmous ou des sushis ? demande Madame Figaro. Faut-il se méfier des compteurs Linky, s'interroge Le Monde. Faut-il se méfier des nitrites dans la charcuterie, grave question que se posent les toubibs de Allodocteur. Faut-il se méfier des salades en sachet ? c'est là ce qui inquiète Ouest-France. Réseaux sociaux, huile de palme, plantes modifiées, jus de carotte, Donald Trump, vaccins, cosmétiques, entreprises chinoises, crédits revolving, il semble que tout ait vocation aujourd'hui à devenir objet de méfiance. Y compris, bien sûr, les évidences. Le bourricot astreint à cette réflexion trouvera son bonheur sur la page :
[www.maphilo.net]


Et contre la somme de 24,99 euros, il pourra même obtenir dans les 30 minutes un corrigé acceptable qui lui garantira au moins la moyenne. Elle est pas belle, la vie ?


Il eût été plus académique, plus scolaire peut-être, de demander : "Faut-il mettre en doute les évidences ?", ou encore, à la rigueur : "Faut-il se défier des évidences ?" Mais la formulation retenue, qui rejoint les préoccupations inquiètes de Madame Figaro ou de Femme Actuelle à propos des arômes alimentaires, nous laisse entendre que certaines vérités estampillées "évidences", tout comme certaines dates fraîcheur des steaks sous vide, sont loin d'être fiables et peuvent même s'avérer toxiques et dangereuses pour la santé. De la même façon que des restaurateurs peu scrupuleux nous refilent sournoisement des moules marinières pas très fraîches, que des industriels sans vergogne truffent leurs plats cuisinés d'additifs qu'ils savent cancérigènes, il y a des puissances d'autant plus inquiétantes qu'elles sont troubles et mal identifiées, États, groupes de pression, francs-maçons, extra-terrestres, lobbies, homosexuels, jésuites, juifs, etc. qui nous inoculent des évidences frelatées dans le but de nous aveugler, de nous abuser et de détourner nos cerveaux empoisonnés des vrais problèmes qu'ils ont bien sûr tout intérêt à nous dissimuler. Cela s'appelle la théorie du complot.


Si l'énoncé peut nous entraîner vers cette problématique hasardeuse, mais d'actualité, j'en distingue une autre, nichée dans les replis de cette question même, qui s'apparente à une "aporie", une question sans solution. En effet, "se méfier des évidences" n'a pas de sens, car l'évidence s'impose, se constate, sans pouvoir se discuter, se démontrer ni s'expliquer. L'évidence est, par essence, indiscutable, indémontrable et inexplicable. L'exemple type d'évidence est l'axiome mathématique. "1=1" ou "X+0=X" sont des postulats évidents, mais impossibles à démontrer. Et impossibles à nier, ou même à mettre en doute, sous peine de voir s'effondrer tout l'édifice des mathématiques. Une évidence dont on pourrait légitimement se méfier ne serait évidemment plus une évidence.


Alors, qu'est-ce qui va différencier ces évidences "douteuses", ces "fausses évidences", ces évidences nuisibles, nocives, toxiques, de celles, saines et solides, qu'il est impossible de remettre en question ? Étymologiquement, l'évidence, c'est "ce qu'on voit", ce qui est "mis en évidence", on pourrait dire : c'est ce qui "saute aux yeux", tellement violemment que ça "crève les yeux". (Rappelons qu'en anglais : "evidence" signifie plutôt "preuve", "témoignage" et que l'adjectif "évident" au sens où nous l'entendons, se dit "obvious", étymologiquement, "ce qui se trouve devant soi", "sur le chemin"). Et tant de choses me crèvent les yeux, sur le chemin ! La terre est plate, voilà une évidence que j'éprouve chaque jour dans mes déplacements. Comment pourrais-je croire ceux qui m'affirment qu'elle est sphérique ? Est-il possible d'imaginer que de l'autre côté de ce globe des gens se promèneraient la tête en bas, sans tomber ? Quant au soleil, il se déplace dans le ciel. Voilà une autre évidence qui me crève les yeux. Il était derrière la colline ce matin, au-dessus de ma tête à midi, il est à présent du côté de la rivière. Comment pourrais-je croire ceux qui prétendent que c'est la terre qui tourne, et non le soleil ? Je sens bien que je ne tourne pas, le sol est stable sous mes pied.


Mais voilà déjà longtemps que Copernic et Galilée ont réfuté ces évidences, et je serais fou aujourd'hui - ou singulièrement borné - si je continuais à y croire, comme je considère sans indulgence que sont fous - ou singulièrement bornés - les 75% de Saoudiens et les 40% d'Américains qui persistent à croire, malgré toutes les preuves scientifiques, que la terre n'a pas plus de 6.000 ans et que l'homme y est apparu tel qu'il est aujourd'hui, sans avoir jamais évolué.


Descartes croyait tenir la solution : "...ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle ; c’est-à-dire, [d’] éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et [de] ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute." (Premier précepte de la Méthode de Descartes). Leibniz a développé la critique de cette méthode : quelle valeur accorder à ce qui se présenterait "si clairement et si distinctement à mon esprit", à ce qui me "crèverait les yeux" et que Descartes considère comme des évidences ? Si je suis seul à apprécier ce qui est évident ou non, n'ai-je pas de grands risques de me tromper ? Car, outre que l'évidence doit "sauter aux yeux", elle doit être universelle. Ce qui n'est vrai que pour moi ou pour un petit groupe d'individus n'est pas une évidence. C'est une croyance. Et si toute évidence est, au fond, une croyance, elle ne gagne le titre d'évidence que si elle est universellement partagée.


Alors, comme je suis plutôt attaché aux traditions académiques, je conserverai mon plan dialectique - Thèse - Antithèse :


I - Oui, il y a des évidences dont on peut, sinon se méfier, tout au moins douter :


- Les évidences qui nous sont révélées par nos sens, car si, comme Saint Thomas, on a tendance à ne croire que ce qu'on voit ("Tout ce que j'ai reçu jusqu'à présent pour le plus vrai et assuré, je l'ai appris des sens", disait Descartes - 1ère Méditation métaphysique), nos sens sont trompeurs. Épicure (voir la Lettre à Hérodote) notait que si la sensation est toujours exacte, incontestable, son interprétation peut être totalement erronée. Incontestablement, le bâton plongé dans l'eau m'apparaît brisé, mais il serait faux que j'en déduise qu'il l'est réellement. C'est une illusion d'optique. Descartes lui-même, qui affirmait tout devoir à ses sens, en reconnaissait les limites : "J'ai quelquefois éprouvé que mes sens étaient trompeurs, et il est de la prudence de ne se fier jamais entièrement à ceux qui nous ont une fois trompés" (1ère Méditation métaphysique).


- Les évidences qui nous sont révélées par la raison, car, comme le constatait Pascal, "rien n'est plus conforme à la raison que le désaveu de la raison", (Pensées) et le Cogito, "Je pense donc je suis" que Descartes voulait présenter comme une évidence absolue, est lui-même largement discutable. Nietzsche a superbement mis en lumière ce qu'il considérait comme un tour de passe-passe grammatical : "Une pensée ne vient que quand elle veut, et non pas lorsque c'est moi qui veux ; de sorte que c'est une altération des faits de prétendre que le sujet moi est la condition de l'attribut "je pense". Quelque chose pense, mais croire que ce quelque chose est l'antique et fameux moi, c'est une pure supposition, une affirmation peut-être, mais ce n'est certainement pas une "certitude immédiate" (Par-delà le bien et le mal). Une évidence ne se démontre pas par la raison.


- Les évidences qui nous sont révélées par les faits : Voir Hume et l'Enquête sur l'entendement humain, Section 4, première partie :
[classiques.uqac.ca]


Là, il faut réfléchir un peu (horreur !), ce n'est pas facile à comprendre. Pour Hume, beaucoup de faits ne constituent pas des évidences, dans la mesure où ils peuvent admettre leur contraire, sans qu'il y ait contradiction logique dans l'énoncé. Idée que Hume développe ainsi : « "Le soleil ne se lèvera pas demain" n'est pas une proposition moins intelligible et qui implique plus contradiction que l'affirmation "il se lèvera". Nous essayerions donc en vain de démontrer sa fausseté. Si elle était démonstrativement fausse, elle impliquerait contradiction et ne pourrait jamais être distinctement conçue par l'esprit. » Dans ce sens, dire que "le soleil se lèvera demain" n'est pas une évidence, puisque je peux affirmer qu'il ne se lèvera pas sans qu'il soit possible de prouver le contraire. On pourra invoquer des millions et des milliards d'années d'expérience qui laissent fortement présager qu'il se lèvera comme d'habitude, mais après tout, ce n'est qu'une probabilité, ce n'est pas une preuve.


II - Il y a des évidences dont on ne peut pas douter :


- L'axiome mathématique. Le théorème géométrique.


- Les lois de la nature. La loi de la pesanteur est présentée comme une évidence. Mais au fait, ne serait-ce pas une imposture que des extra-terrestres sournois et hostiles auraient implantée dans mon cerveau pour m'abuser ? Dois-je m'en méfier ? C'est facile : pour prouver qu'elle est fausse, il me suffit de sauter par la fenêtre. Et que dire de la mort ? À mesure que j'avance en âge, que je vois mes amis et mes parents disparaître, que je sens mes forces s'amoindrir, mes facultés mentales diminuer (personne ne me contredira sur ce point) jamais sa scandaleuse évidence ne m'a été aussi, comment dire ? Aussi... évidente.


- Des faits ou les idées tenues - à tort ou à raison - pour acquises et qu'on n'a aucun intérêt à remettre en cause, parce qu'il ne s'agirait que d'une perte de temps et d'efficacité et qu'on risquerait de fragiliser tout un édifice de pensée sans aucun bénéfice appréciable. Si le doute est un moteur puissant pour faire évoluer les sciences, les sociétés et les mentalités, le doute poussé à son extrême devient un frein, un facteur paralysant. Il est des doutes inutiles, voire nuisibles. Dans son ouvrage "De la certitude", le philosophe Ludwig Wittgenstein imagine un élève qui interromprait constamment son maître en remettant en cause tout les enseignements (le livre a été publié en 1958, mais, sur cet exemple, il est tout à fait d'actualité aujourd'hui où les connaissances apportées par le professeur sont souvent balayées d'un revers de manche, par la formule : "C'est votre avis, ce n'est pas le mien"). "Imagine encore, dit Wittgenstein, que l'élève mette en doute l'histoire (et tout ce qui y est lié), qu'il aille même douter si la terre a existé il y a cent ans." Il poursuit : "Un tel doute, pour moi, est comme creux. Mais la croyance en l'histoire ne l'est-elle pas non plus ? Non ; il y a tant de choses qui vont de pair avec cette croyance." Et il conclut : "C'est-à-dire : le maître aura le sentiment que ce n'est pas vraiment une question légitime. Et ce serait la même chose si l'élève mettait en doute que la nature obéisse à des lois, donc contestait la légitimité des raisonnements inductifs. - Le maître aurait le sentiment que le seul effet de ce doute, c'est de les bloquer, lui et l'élève, et que de la sorte ce dernier ne pourrait que s'arrêter et non aller plus loin dans son apprentissage. - Et il aurait raison. Ce serait comme pour quelqu'un qui cherche un objet dans une pièce : il ouvre un tiroir et ne l'y voit pas ; alors il le referme, attend, puis l'ouvre de nouveau pour voir si peut-être cet objet n'y est pas maintenant - et il continue de la sorte. C'est qu'il n'a pas encore appris à chercher. L'élève lui non plus n'a pas encore appris à poser des questions."


III - Synthèse, foutaise ? Oui, certainement, si la synthèse se contente de développer un consensus mou, un "p'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non", un "des fois, oui, des fois, non, ça dépend, de quel côté on se place, si y'a du vent, s'il pleut", etc. Mais ça, c'est une mauvaise synthèse, une synthèse stagnante, figée, immobile, alors que la dialectique est mouvement, projection, dynamisme. La bonne synthèse, qui ne sera pas foutaise, sera celle qui s'élèvera au-dessus de cette apparente opposition, qui fera avancer le sujet et débouchera sur d'autres problématiques. Essayons...


Les évidences d'aujourd'hui sont souvent d'anciennes erreurs d'hier. On attribue à Schopenhauer cette réflexion sans doute apocryphe, mais régulièrement vérifiée : "Toute vérité franchit trois étapes. D'abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence." L'évidence n'existe pas dans l'absolu, elle est impossible à conceptualiser, elle ne peut se concevoir que dans un contexte, dans une dynamique. Après tout, l'axiome 1=1 est peut-être faux. cela sera peut-être prouvé demain. Mais, dans le contexte mathématique d'aujourd'hui, dans la dynamique des mathématiques, il est évident, donc indiscutable. Dans le livre de Wittgenstein que je citais, le philosophe expliquait qu'il était impossible d'aller dans la lune ou de croire des gens qui affirmaient y avoir été : "Non seulement jamais rien de ce genre ne nous a été rapporté sérieusement par des gens raisonnables, mais encore tout le système de notre physique nous interdit de le croire. En effet celle-ci requiert des réponses à des questions telles que : « Comment s'est-il affranchi de la pesanteur ? » et, « Comment a-t-il pu vivre dans atmosphère ? », et mille autres questions qui ne pourraient pas recevoir de réponse." C'était au milieu des années cinquante, à peu près à l'époque où sortait l'album de Tintin. Moins d'une quinzaine d'années plus tard, Neil Armstrong posait le pied sur la lune. Il n'empêche que Wittgenstein avait raison dans sa certitude. L'impossibilité d'aller sur la lune était une évidence à cette époque. Et au fait, n'y a-t-il pas aujourd'hui des gens "à qui on ne la fait pas", des sceptiques qui évoquent un complot et affirment que ce n'est qu'une formidable manipulation planétaire, un coup monté par le gouvernement américain pour montrer sa supériorité sur les Russes, et qu'en fait, personne n'a jamais posé un pied sur la lune ? Je pourrais dire que j'étais devant le poste de télévision durant cette nuit du 20 au 21 juillet 1969, et que j'ai assisté en direct à l'événement, mais je ne pourrais évidemment pas prouver qu'il ne s'agissait pas d'un énorme canular filmé devant un décor lunaire en carton-pâte et retransmis depuis un studio de Floride. On peut ainsi douter de tout. Mais ne sont-ce pas là de ces doutes "creux", de ces question un peu illégitimes dont parlait Wittgenstein, de ses interrogations stériles qui paralysent la réflexion plus qu'elles ne la stimulent et la font évoluer ?


Les évidences ne sont peut-être que des conventions universellement admises, mais en douter nous bannirait de la communauté des gens de bon sens, ce bon sens qui est "la chose du monde la mieux partagée" selon Descartes. 1+1=2 n'est, dans l'absolu, ni vrai ni faux. C'est une évidence universellement admise dont il n'y a, de toute façon, aucune raison de douter, ni de se méfier. On ne peut pas mettre sur le même plan "1+1=2" et "Dieu existe". Aucun débat ne vient contester la première affirmation universellement admise depuis la nuit des temps. Nombreuses, en revanche, sont les voix de par le monde qui contestent la seconde. Il ne s'agit donc pas d'un évidence, - même si c'en est une pour le croyant -, mais simplement d'une conviction, d'un croyance, - ou d'une hypothèse. On rejoint là l'idée de Hume énoncée plus haut. L'affirmation : "Dieu existe", ne peut pas être considérée comme une évidence, puisque son contraire "Dieu n'existe pas" est une option, une hypothèse qui reste dans le domaine du concevable. Mais affirmer que 1+1=3 est choquant pour la raison, c'est in-concevable et in-admissible (même si des petits malins ont essayé, pour rire, de le prouver) :
[www.youtube.com]


Dans le contexte des mathématiques, 1+1=2 est un article impératif de la règle du jeu, et je dois l'accepter, sous peine d'être exclu de la partie. Et de n'avoir alors d'autres ressources que d'inventer un autre jeu, un autre système, avec un autre règlement dans lequel 1+1 serait égal à 1 ou à 3, par exemple. Mais je risque d'être bien seul pour y jouer...


Se méfier des idées généralement admises, des lieux communs, ce n'est pas se méfier des évidences. Car oui, ce qu'on nous présente comme des évidences ne sont souvent que de simples hypothèses, des théories discutables, des options parmi d'autres. Ce qu'on nous apprend en classe n'est souvent (toujours ?) qu'un tissu de propagande, et il en a toujours été ainsi. C'est la fonction de l'école, à toute les époques et sous tous les régimes, est d'abord de formater les jeunes cervelles en leur instillant les vérités premières de la société, vérités qui prennent force d'évidence. Les élèves d'aujourd'hui ont d'ailleurs parfaitement intégré ces évidences, puisque leurs copies dégoulinent de politiquement correct, réaffirment sans ambages l'égalité de tous les hommes, le caractère respectable de toutes les opinions, l'égalité des hommes et des femmes, le devoir de tolérance, le droit à la différence, les dangers du réchauffement climatique, etc. C'est qu'ils ont confusément conscience que ces concepts relèvent bien davantage du dogme que de l'évidence, et qu'en ce domaine, il convient d'être particulièrement prudent. Toute remise en question entraînera les indignations vertueuses, les dénonciations infamantes, l'intervention de la Sainte Inquisition, la torture, le bûcher.


Voià, c'est tout pour moi.
Bon courage.


PMV




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