L’orientation scolaire et professionnelle est une question épineuse face à laquelle de nombreux parents se sentent
tout particulièrement démunis.
L’enjeu leur paraît important (et c’est vrai) et ils se sentent peu armés pour répondre à leur enfant.
Cette situation est d’autant moins simple à gérer que le jeune ne se montre pas toujours impliqué ou heureux
de recevoir les conseils d’adultes.
Comment sortir de cette épreuve par le haut en trois points ?
S’orienter c’est faire un choix positif (en recherchant ce qui nous plait) et un choix par la négative (en nous éloignant de
ce qui ne nous plait pas). Le rôle des parents peut être dans les deux cas crucial.
Les parents peuvent aider le jeune à savoir vers où il veut aller. Se présenter comme conseil
(« Je t’ai toujours vu avocat ») et comme porteur de certaines valeurs (la transmission, l’œuvre collective,
la réussite collective ou autres) sont des aides précieuses pour le jeune qui s’oriente.
Si ces conseils sont donnés en offrant au jeune la possibilité de les suivre ou de s’en éloigner,
ils constituent un cadre mais montrent également le soutien des parents dans cette situation difficile.
Papa comme Maman sont parfois également vu par leur enfant comme des exemples à ne pas suivre.
Quand un enfant dit « Je ne voudrais jamais faire comme toi », quelle belle opportunité pour l’aider à s’orienter.
Ne voyez pas là, chers parents, de critique de tout votre être (cela vous ferait bondir à juste titre).
Votre enfant se positionne juste en négatif par rapport à ce qu’il voit de votre position par rapport à l’entreprise ou la société.
La chance dans ce cadre est de lui montrer contre quoi il se révolte, comment lui voudrait voir sa future position dans la société
qui se construit. Il vous reproche votre manque de disponibilité ? Aidez le à réfléchir au métier qu’il recherche en lien
avec la question de l’équilibre vie personnelle/vie professionnelle. Il vous reproche le manque de moyens financiers
de la famille ? Incitez-le à chercher quels métiers pourraient lui plaire et lui apporter, en même temps,
des revenus confortables.
Pas mal de parents, soucieux de préserver la liberté de leur enfant, le laisse très seul face à ce choix difficile.
Au final, le « Mais il peut choisir ce qu’il veut comme métier ! » ou le « Du moment que ça lui plait… »
sont souvent contreproductifs . Ne sachant pas vers où se tourner ou contre quoi s’opposer,
le jeune se montre démuni et sans ressource.
Amener son enfant à l’autonomie, c’est aussi lui apporter un cadre dans lequel il peut réfléchir.
C’est aujourd’hui un lieu commun de dire que notre société évolue énormément et très rapidement.
Au-delà des changements climatiques dont nous parlent beaucoup les média, des changements de société cruciaux ont eu lieu ces dernières années. En particulier, le monde du travail a énormément évolué. Jusqu’il y a une quinzaine d’années, avoir un diplôme d’études supérieures permettait d’obtenir un poste de cadre, sésame idéal permettant une carrière sans faille. Aujourd’hui, cette belle ligne droite et sans heurt n’existe plus, que l’on ait un diplôme d’études supérieures ou non. Les règles anciennes n’ont plus de sens ; les modèles sur lesquels les parents d’aujourd’hui se sont appuyés ne sont plus tout à fait de mise pour leurs enfants.
Il est donc essentiel de s’affranchir de ces règles et de regarder le monde du travail d’aujourd’hui dans sa réalité propre. Les
secteurs, les carrières, les postes porteurs ne sont peut être plus ceux que nous avons connus. De nouveaux métiers apparaissent
tous les 5 ans, les carrières de cadre ne sont pas les plus protégées aujourd’hui, l’ensemble des bases du monde du travail
sont à revoir. Il est plus important que jamais de se renseigner sur les réalités des études mais également
des professions et des carrières disponibles.
Tenant compte de ces deux premiers points, la difficulté, pour le parent, va être de donner son avis,
voire de débattre les choix de son enfant, sans imposer son point de vue. L’adolescence est une période de transition entre
l’enfance et l’âge adulte. Il est donc plus que naturel (même si pas forcément drôle) que le jeune s’oppose à ses parents.
La vraie difficulté dans l’orientation pour les parents est de proposer, d’expliquer, de rêver pour son enfant une vie
professionnelle idéale … et tout en même temps d’accepter que lui choisisse une autre voie. Jusqu’il y a une ou deux générations,
le choix du métier était soit imposé par les parents ou la culture familiale (famille de médecins, de notaires, d’agriculteurs …),
soit concomitant directement avec l ‘émancipation du jeune. Les parents d’aujourd’hui doivent faire l’apprentissage tout nouveau
de devoir cohabiter avec un jeune qui a fait un choix pour sa vie future mais vit encore sous le toit de sa famille d’origine.
Cela leur demande à la fois bien plus d’ouverture d’esprit et de confiance que la société n’en a demandé aux parents d’adolescents
et de jeunes adultes jusqu’ici.
Prendre sa position de parent, oublier ce qu’on sait sur le monde du travail, le tout en proposant sans imposer…
Difficile aujourd’hui d’être parent d’un adolescent qui s’oriente, mais challenge d’autant plus intéressant.
Challenge à aborder avec l’aide des enseignants, des professionnels de l’orientation et des professionnels des ressources humaines.
Challenge visant à orienter pour le mieux les adultes de demain.
26 avril 2011 - Cathy Lemer