Loin d’être un fait anodin, l’anorexie, comme perte de l’appétit, peut révéler un mal être profond.
Sa forme la plus grave,« l’anorexie mentale », qui se manifeste comme un refus plus ou moins systématique de s’alimenter, touche 2 % des femmes
et particulièrement les adolescentes, entre 14 et 18 ans.
Pouvant entraîner la mort, cette maladie doit être détectée
au plus tôt pour être bien soignée. Bien souvent, une prise en charge médicale et psychiatrique s’impose.
Un conseil : soyez attentif au comportement alimentaire de votre enfant, et surtout agissez à temps ! Zoom sur l’anorexie, un trouble du comportement alimentaire trop méconnu.
C’est en général à l’adolescence, au moment où le corps de la jeune femme se transforme, que cette maladie survient. Le passage difficile du royaume idéal de l’enfance au monde responsable de l’âge adulte, peut entraîner ce genre de trouble. Selon les spécialistes, la volonté de maîtriser de manière obsessionnelle son poids serait liée à un désir sexuel difficilement assumé.
Manque de confiance en soi, peur du regard d’autrui, de son propre désir sexuel, recherche identitaire, peur de devenir une femme, problèmes relationnels avec les parents… les causes peuvent être multiples et différentes selon les cas. Une donnée est certaine : quand la perte de l’appétit persiste ou la maîtrise du poids devient une obsession, l’anorexie n’est pas loin et il faut commencer à s’inquiéter. Il s’agit souvent d’un signe d’une détresse, d’un appel au secours de la part de l’adolescent en souffrance.
Si vous remarquez que votre ado commence à entamer une série de régimes, qu’elle fait vraiment trop attention à son poids, alors qu’elle est déjà très mince, amorcez vite un dialogue ! Il s’agit d’un problème sérieux. A cet âge particulièrement, le corps a besoin de calcium, de protéines, de lipides, de glucides, de sels minéraux… Eviter les graisses ou le sucre, manger des portions trop petites, peut avoir de graves conséquences, comme la « sous-alimentation ».
Posez-lui des questions, vérifiez que son désir de maigrir ne cache pas autre chose. Mettez-la en garde contre les conséquences d’une mauvaise alimentation. Il est possible de manger de tout sans grossir, tout est une question de moment ! Par exemple, il faut se régaler de fromage le matin et pas le soir, il faut juste le savoir… L’anorexique peut aussi avoir des crises de boulimie. Par moment, elle mangera de manière immodérée et se fera vomir…
Cette maîtrise obsessionnelle du poids peut entraîner un état de maigreur extrême, une perte de la masse musculaire,
mettant en danger la survie de l’individu concerné.
Le cœur étant un muscle, le fonctionnement cardiaque peut être altéré. Ce problème peut aussi entraîner un état
de frilosité constant (hypothermie : abaissement de la température du corps au-dessous de la normale). Par ailleurs,
l’anorexie peut entraîner de graves problèmes digestifs (ralentissement de l’évacuation des aliments)
et un amoindrissement des défenses immunitaires. Le sujet peut être plus vulnérables aux différentes infections.
Un signal d’alerte à observer en particulier : le niveau de l’indice de masse corporelle.
Si celui-ci est inférieur à 13, l’état est grave, s’il descend au-dessous de 11 : la vie du patient est en jeu !
Vous l’avez compris, l’anorexie peut se transformer en un problème très grave.
Détectée à temps, tout va bien. Après, une fois que les symptômes sont bien installés, les conséquences
peuvent être mortelles. Qui dit maladie, dit prise en charge médicale. L’anorexie doit et peut être soignée.
Quand elle atteint sa forme la plus grave, une hospitalisation avec perfusion s’impose. Peu à peu, on réhabituera
le corps du patient à s’alimenter normalement. En même temps, la consultation d’un psychiatre est recommandée.
Parfois, une thérapie familiale s’impose car l’anorexie relève bien souvent d’un problème interfamilial.
Selon les statistiques, au moins un tiers des personnes touchées par l’anorexie guérissent durablement.
Elle retrouve un poids normal et une santé psychologique. Un second tiers ne parvient pas à retrouver une alimentation normale.
Ces personnes continuent de souffrir de troubles alimentaires et éprouvent des problèmes dans leur vie affective.
Enfin, le reste des patients évoluerait vers une situation extrême : grave sous-alimentation et dépression.
Dans bien des ces personnes ne survivent pas à cette maladie.
Un seul mot : vigilance ! Il n’y a pas de secret : plus la maladie est détectée tôt,
plus les chances de guérison augmentent.
12 avril 2011 - Mathilde Vignal