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Commentaire Les animaux malades de la peste


10 Juillet 2012 Consulté 11062 fois
commentaire composé - 1ère S - Français
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Commentaire Les animaux malades de la peste

 

Voir la poésie


La Fontaine commence à publier ses fables en 1668. Ces fables visent à donner sous une forme légère et ludique un enseignement moral. Pour cela, il va partir d'une histoire grâce à laquelle il vas illustrer une morale. Nous allons étudier une fable appelée « Les animaux malades de la peste » écrit en 1678. Ici, le récit présente des animaux qui tiennent conseil et qui cherchent à déterminer lequel d'entre eux est le plus coupable pour mourir pour sauver le reste de la population de la peste. Cette fable apparaît donc comme l'occasion pour la Fontaine de mener une réflexion sur la justice. Nous verrons en quoi « Les animaux malades de la peste » est un apologue. Dans la première partie nous nous intéresserons à l'importance des personnages, puis nous étudierons la progression de l'action avant de nous intéresser à la visée morale du récit.


Tout d'abord, la fontaine délègue la parole à des animaux comme dans de nombreuses fables. Cependant si on observe les trois personnages (le lion, le renard et l'âne), on peut reconnaître le monde de la cour.

Pour commencer, le lion semble être le roi car comme nous l'indique le texte au vers 15, le lion est au centre et il « tint conseil ». En plus, si l'on observe la répartition de la parole, on voit que le lion domine et qu'il est le premier à prendre la parole au vers 15. D'ailleurs, on voit qu'il sait ce qu'il fait en ménageant son auditoire en s'adressant à eux avec des termes plutôt flatteurs « mes chers amis » ( V.15). Il vas aussi parler à la première personne du pluriel pour se mettre au même niveau que le peuple : « ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence » Et va organiser son discours avec de nombreux connecteurs logiques « donc » « mais » « car » et des modélisateurs qui marquent le doute comme « peut être », « je crois », « je pense » qu'il utilise seulement pour se donner une meilleure image.

Ensuite, nous pouvons comparer le renard au courtisan puisqu'il apparaît comme un personnage rusé. En effet, le renard cherche à obtenir les bonnes grâces de lion, tel un courtisan et son roi. Pour cela, il va commencer par le flatter hypocritement « Sire vous êtes un trop bon roi » avec « trop de délicatesse » l'adverbe trop répété deux fois ne fait que confirmer ce que nous avons dit plus haut. Pour être sûr d'avoir ses bonnes grâces, il va en plus de le flatter prendre son parti en lui disant qu'il n'a rien fait de mauvais : « Es ce un péché ? Non, non », de toute façon, il ne s'agissait que de «  canaille, sotte espèce » à qui il a fait un honneur en les mangeant :« vous leur fîtes seigneur, en les croquant, beaucoup d'honneur ». Le renard va aussi trouver un argument philosophique pour nourrir son discours en parlant d'esclavage. En effet, en tuant le berger, il n'y a nul mal puisque qu'il fait parti de ceux qui cherchent à dominer les animaux « étant de ces gens là qui sur le animaux se font un chimérique empire ». Ainsi, le renard à pu non seulement obtenir les grâce du lion mais en plus évité de parler de ses péchés.

Quant au dernier personnage, l'âne, il représente le peuple. Il ne fait qu’obéir naïvement au roi et se présente lui même coupable alors que son seul crime est d'avoir mangé de l'herbe dans le pré. Non seulement il avoue « je n'en avais nul droit » mais en plus il ne voit pas que ce n'est rien à coté des moutons et du berger. C'est cette naïveté qui va le conduire à sa perte.

Ces personnages ont été choisi subtilement par l'auteur car ils symbolisent la même chose qu'habituellement, en effet le lion représente la puissance, le renard la ruse, et l'âne la naïveté. Ainsi la Fontaine peut se moquer avec habileté des défaut de ses contemporains.


Dans un second temps, intéressons nous à la progression du poème. Que nous pouvons découper en trois sous-parties : la conséquence de la peste, la stratégie argumentative du roi et la condamnation de l'âne. Tout d'abord la fontaine crée dès le début une atmosphère angoissante par la description faite au fléau qui ravage les personnages du vers 1 à 14. En effet, dès le premier vers il présente un caractère tragique : « un mal qui répand la terreur », cela est encore plus tragique qu'il soit envoyé par « Le ciel et sa fureur » dans le but ultime de « punir les crimes sur terre ». Ce n'est qu'au vers 4 qu'il va donner un nom à ce mal « La peste » qui à un bilan de mort assez conséquent: il est « capable d'enrichir en un jour l'achéron ». L'achéron (fleuve des enfers) est une métaphore pour caractériser les morts. Cependant, la peste ne fait pas que tuer les animaux, elle les empêche de mener une vie normale car toutes les activités courantes sont abandonnées. En effet, il n'y a plus de gourmandise « nul mets n'excitait leur envie », plus de chasse « ni loup ni renard n'épiaient l'innocente proie », et il n'y a « plus d'amour partant, plus de joie ». On se retrouve donc dans un monde où il n'existe aucun autre sentiment que la peur.

Ensuite, le roi va recourir à une stratégie argumentative progressive lui permettant de ménager son auditoire. Il va commencer par annoncer le devoir de sacrifier quelqu'un pour obtenir la guérison de la commune. Puis en tant que chef il va se confesser : « voyons sans indulgence l'état de notre conscience », va avouer avoir manger un berger et des moutons qui n'avaient fait « nulle offense » et va conclure en disant « je me dévouerai donc s'il le faut ». Cependant, il va rajouter aussitôt « qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que [lui] ; car on doit souhaiter, selon toute justice que le plus coupable périsse » (V31 à 34). Le renard trop occuper à flatter le roi, lui fera oublié de se confesser. C'est donc alors au tour de l'âne, qui à pour seul péché avoir mangé de l'herbe est condamné d'avance puisqu'il à tous les animaux contre lui qui comprirent vite qu'en l'accusant, cela leur évitaient le risque d'être sacrifié. Ainsi ils vont utiliser un vocabulaire très fort et très négatif à son égard : « ce maudit animal, ce pelé, ce galeux » (V57 à 58) et le condamné par ces exclamations « Manger l'herbe d'autrui ! Quel crime abominable ! »


Pour finir, derrière son coté amusant et plaisant raconter comme un récit, on peut dire que cette fable à une visée morale puisqu'elle cherche à instruire et à faire réfléchir.


Dans cette fable, l'argument est simple, afin de conjurer le mal qui décime son peuple, le lion décide de réagir. La Fontaine va nous décrire les conséquences de la peste à savoir la mort et la peste de vivre. Ainsi, on peut voir que le lion et le renard qui sont au sommet de la hiérarchie n'expiediront pas leur péché car le lion fait preuve de cynisme en s'accusant lui même mais en se dépêchant de rajouter le « mais ». Quant au renard comme nous l'avons énoncé plus haut va prendre son partit et même pas se confesser. D'ailleurs, la Fontaine ne cautionne pas cette attitude et s'efface souvent aux profit de ses animaux même si elle est bien réelle de par son ironie. Et comme dans la vraie société, les pauvres sont les moins protégé c'est donc pour ça que l'âne va mourir car il y a des inégalités sociales. C'est ce que veut nous enseigner La Fontaine en concluant son poème par « Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »


En conclusion, nous avons montré de quelle manière La Fontaine décrit une société hypocrite et malsaine à travers le Lion et son intervention digne d’un comédien, du Renard rusé faisant office de courtisan, des autres animaux associables aux « moutons de Panurge » puisqu’ils suivent le discours élogieux et hypocrite du Renard, ainsi que du Loup avocat jugeant l’Âne crédule par sa volonté aberrante et celle du peuple. Cette fable reflète parfaitement la société du XVIIème siècle dans lequel vécut La Fontaine, où la Cour est totalement corrompue : les courtisans sont hypocrites à l’égard du Roi et réciproquement, et la faute est toujours rejetée sur le plus faible. En outre, le conte du genre apologique, Olivier (1763) dans l’extrait « Aventure d’un pèlerin » écrit par Jacques Cazotte, décrit efficacement, tout comme cette fable de La Fontaine, ce qui se passe dans la Cour à l’exception de l’hypocrisie du roi. Cela peut nous amener à nous questionner sur l’efficacité de chacun des deux supports employés (conte et fable), et à en déterminer lequel est le plus attrayant, instructif et efficient aux yeux du lecteur ?


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