L'Allemagne Hitlérienne
1) La république de Weimar
La défaite provoque une révolution en Allemagne. Le mouvement prend naissance dans la flotte de Kiel. Il gagne peu à peu toute l'Allemagne où les conseils se mettent en place.
Le 9 novembre, Guillaume II abdique et s'enfuit. La république est proclamée deux fois : par le SPD Scheideman et le spartakiste Karl Liebknecht.
Dès l'origine, la division pèse sur le mouvement. Le SPD, majoritaire, souhaite éviter une situation analogue à celle de la Russie. Face à la radicalisation du mouvement et à la poussée des spartakistes qui se transforment en parti communiste, il s'attache, avec l'aide de l'armée et des corps francs, à contrôler le mouvement : mise à l'écart des conseils au profit d'une assemblée élue, 'semaine sanglante' contre les communistes à Berlin, répression en Bavière.
La révolution échoue en Allemagne et les élections à la Constituante, qui siège à Weimar, donnent une majorité à une coalition composée du SPD, des démocrates et du Zentrum catholique. Le poids des forces conservatrices hostiles au nouveau régime reste important. Un fossé profond se creuse entre socialistes et communistes.
Le nouveau régime connaît des débuts difficiles. La coalition parvient à un compromis sur le plan institutionnel : une constitution libérale et démocratique est élaborée mais le nouveau régime hésite entre système parlementaire et système présidentiel.
Il est surtout confronté à d'importantes difficultés sur le plan intérieur. La situation économique est très difficile à l'issue de la guerre. En 1923, l'occupation de la Ruhr provoque un effondrement monétaire qui ruine les classes moyennes et entraîne la poursuite de l'agitation sociale et politique. Le traité de Versailles, rejeté par le pays, provoque l'opposition des nationalistes.
La vie politique est très agitée. Droite et extrême droite multiplient les attaques contre le régime : assassinat de responsables ayant accepté l'armistice (Erzberger, Rathenau), tentative de putsch (Kapp, Hitler qui crée le parti nazi). Le parti communiste (KPD) voit son audience s'accroître, lance parfois des actions violentes (Ruhr, 1920, Saxe et Thuringe, 1923) mais, isolé, fait l'objet d'une répression importante.
A partir de 1924, la situation se stabilise. Une nouvelle monnaie (Rentenmark) permet un rétablissement de la situation économique. La croissance repart de façon remarquable. Les infrastructures sont modernisées. La concentration progresse (IG Farben). Mais la situation de l'agriculture reste précaire et le poids des capitaux étrangers est important.
Sur le plan politique, Stresemann anime une politique étrangère qui vise à la réintégration de l'Allemagne dans la communauté internationale. Communistes et extrême droite reculent.
Mais l'influence du parti populiste et l'élection de Hindenburg à la présidence du Reich, en 1925, montrent que cette stabilisation se fait au profit de la droite et des forces conservatrices. Une instabilité gouvernementale persiste. Né de la défaite et de l'échec de la révolution, le régime reste fragile.
2) L'arrivée de Hitler au pouvoir
En 1918, la défaite militaire s'accompagne du développement d'un fort courant nationaliste qui rejette le traité de Versailles et rend la république de Weimar responsable de la situation. Dans ce contexte apparaît en Bavière un nouveau parti créé par Hitler, le parti nationale socialiste (nazi). Fondé sur une idéologie raciste et antisémite, violemment nationaliste, ce parti prend appui sur une force paramilitaire, le SA, et prône un Etat fort s'opposant aux communistes et à la démocratie. En 1923, Hitler tente de prendre le pouvoir par un putsch. Son échec le met dans une situation marginale mais il en profite pour organiser le parti nazi sur toute l'Allemagne et il décide de parvenir légalement au pouvoir. La crise de 1929 va lui en fournir l'occasion.
Celle-ci frappe l'Allemagne avec une violence particulière. La production industrielle chute de moitié. Le chômage touche classe ouvrière et couches moyennes. Il passe d'un million et demi en 1929 à six millions en 1932. La politique de déflation mise en oeuvre par Brüning est inefficace.
Reprenant des thèmes anticapitalistes et antisémites, Hitler cherche, par sa démagogie sociale et son nationalisme, à séduire toutes les couches de la population. En même temps, il se rapproche des milieux d'affaires. Avec les SA, il multiplie les pressions violentes dans la rue contre ses adversaires socialistes et communistes.
Les élections de 1930 révèlent les progrès du parti nazi qui devient donc le premier parti d'Allemagne. Alors que l'audience des communistes s'accroît et que le régime est de plus en plus déconsidéré, Hitler apparaît comme un recours pour les couches moyennes frappées par la crise et pour les industriels inquiets.
La crise politique s'accentue. A l'élection présidentielle de 1932, Hitler affronte Hindenburg au deuxième tour et apparaît comme une alternative à ce dernier. Après l'échec des ministères von Papen et von Schleider, Hindenburg fait finalement appel à lui comme chancelier en janvier 1933. Il constitue alors un gouvernement de coalition.
3) Le fascisme hitlérien
Très vite, Hitler impose sa dictature au pays. Le Reichstag est dissout. En février 1933, durant la campagne électorale, l'incendie du Reinchstag, provocation montée par Goering, lui permet de renforcer la répression contre les communistes et d'obtenir les pleins pouvoirs.
Le pays est mis au pas. Les partis politiques et les syndicats sont interdits ou se dissolvent. Les libertés de presse et de réunion sont supprimées. La répression se développe et les premiers camps de concentration sont ouverts.
Le 30 juin 1934, lors de la 'Nuits des longs couteaux', Hitler conforte son pouvoir en épurant le parti. Röhm, responsable des SA, et d'autres chefs de l'aile gauchisante du parti sont arrêtés et exécutés ainsi que certains dirigeants conservateurs et catholiques. Le 2 août 1934, à la mort de Hindenburg, Hitler devient Reichsführer et concentre tous les pouvoirs. Un régime totalitaire se met en place.
Sur le plan institutionnel, le Führer dispose de tous les pouvoirs et dirige l'armée. Il s'appuie sur un parti unique et fait l'objet d'un culte important.
Un encadrement politique et idéologique se met en place dans le pays : contrôle de l'enseignement, embrigadement de la jeunesse dans les Hitlerjugend, propagande intense sous la direction de Goebbels. L'appareil policier est renforcé. Les deux instruments de cette politique de répression sont les SS, véritable Etat dans l'Etat, et la police secrète, la Gestapo.
Les lois de Nuremberg mettent en place une politique antisémite. En 1938, 'la Nuit de cristal' marque le début des persécutions raciales.
Pour relancer l'économie et soutenir ses revendications nationalistes, Hitler instaure, avec le soutien de la grande industrie, une politique dirigiste (plan de quatre ans) et entame le réarmement du pays. Il s'attache à remettre en cause le traité de Versailles et sa politique agressive conduit à la guerre.
Ce document a été mis en ligne par madidine, Elève Université.
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