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La Révolution Française
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épreuve examen/concours - IUFM - Histoire
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 La Révolution française

I/ Les causes de la Révolution

                        Les causes de la révolution sont nombreuses. Des causes anciennes, profondes que l'on peut qualifier de structurelles et des causes plus immédiates que l'on peut qualifier de conjoncturelles. Il convient donc de bien les séparer.

                        Les causes structurelles sont étroitement liées à l'organisation de la société. En cette fin du 18ème siècle, le royaume de France vit encore selon des structures archaïques. La société est prête pour des changement mais elle est encore dans un carcan structurel qui l'empêche de progresser et d'évoluer. La société est organisée selon un système archaïque, un système d'ordres, trois ordres qui n'ont pas les mêmes droits, le Tiers Etat est l'ordre le plus représentatif de la société française, il regroupe la majorité de la population et c'est pourtant cet ordre qui a le moins de droits et souffre le plus des injustices fiscales, il est écrasé par l'impôt alors que les deux autres ordres bénéficient de nombreux privilèges.

                        Cette société en trois ordres ne peut pas perdurer car le 18ème siècle a vu naître un nouveau groupe social qui s'est enrichi grâce au commerce et qui souhaite prendre plus de pouvoir dans la société : la bourgeoisie. C'est la révolution industrielle qui a engendré l'apparition de la bourgeoisie urbaine. Cette bourgeoisie dispose du pouvoir économique   et souhaite désormais s'emparer du pouvoir politique ou au moins à imposer dans le royaume un cadre économique plus favorable à leurs activités. La bourgeoisie ne parvient pas à jouer un rôle à la mesure de ses ambitions dans une société qui est toujours à dominante rurale qui vit encore selon les anciennes structures féodales.

                        Sur le plan des finances, la monarchie manque depuis des années, de prévoyance, elle n'a pas de budget. Les guerres incessantes, l'aide apportée  à la guerre d'indépendance américaine ont vidé les caisses, la monarchie est ruinée et est contrainte d'emprunter. Elle emprunte les sommes nécessaires à son fonctionnement aux fermiers généraux qui se remboursent en prélevant l'impôt. La pression fiscale devient insupportable, elle ne pèse que sur les plus pauvres. Les ordres privilégiés refusent tout changement. Et pourtant ces changements seraient nécessaires, la monarchie en convient, les ministres de Louis XVI s'accordent tous sur le fait que pour venir à bout de la crise profonde il devient nécessaire de revenir sur les privilèges. Le changement est plus que nécessaire et la société semble être prête au changement.

                        Pour les causes conjoncturelles, on peut souligner  que le royaume est entré dans une période de crise. C'est la fin d'une longue période de croissance. La crise est multiple et a des répercussions importantes sur un pays ruiné par de longues campagnes militaires. La crise est d'abord agricole, des hivers plus froids et des printemps trop pluvieux ont eu raison des récoltes, ce qui va provoquer la chute des prix agricoles, la ruine des paysans qui ne peuvent plus vendre leur faible production. Le blé devenu rare voit son prix flamber, ce qui entraîne la hausse du prix du pain et entraîne une crise de subsistance. Les ouvriers agricoles perdent leur emploi et deviennent des vagabonds. Dans les villes, l'industrie est également touchée, le marché a été ouvert aux produits anglais moins chers, les produits français ne se vendent plus et le chômage touche également les ouvriers qui rejoignent la masse des vagabonds. La misère populaire augmente donc, ce qui entraîne une hausse de l'insécurité dans les campagnes et dans les villes.

                        La situation est si grave que le roi se voit contraint de réunir les Etats Généraux afin de trouver une solution à la crise. Dans toutes les paroisses commencent à être rédigés les cahiers de doléances, les Français attendent de réels changements comme la suppression des droits seigneuriaux, la baisse des impôts et surtout leur juste répartition. Les Français veulent la fin des privilèges fiscaux. Les ministres de Louis XVI envisagent tous cette réforme fiscale qui prévoit la fin des privilèges, mais ils ne se doutent pas de la résistance des ordres privilégiés.

                        Dès le premier jour de la réunion des Etats Généraux, le désaccord est flagrant et des exigences se font jour. Ainsi, le Tiers Etat réclame le doublement de ses membres afin de pouvoir faire poids face aux deux autres ordres. Mais très vite les Etats Généraux se retrouvent dans une impasse, il n'y a aucun accord sur le mode de vote, vote par ordre ou vote par tête. La situation est bloquée. Le Tiers Etat prend alors une décision importante, puisqu'il représente la majorité de la population, il décide de se proclamer assemblée nationale, seule habilitée à décider du sort de tous. Le 17 juin 1789, commence la Révolution française, l'ancien Régime s'effondre car malgré de nombreuses tentatives, le roi ne pourra pas revenir à la situation initiale. Ce 17 juin 1789, le Tiers Etat, bientôt rejoint par les membres les plus modestes du Clergé s'affirme face à la monarchie et promet de donner une constitution à la France, c'est le serment du Jeu de Paume.

II/ Les grandes phases de la Révolution

L'assemblée nationale constituante (juillet 1789 – octobre 1791)

                        La réunion des Etats Généraux est un échec. Le Tiers Etat s'est déclaré assemblée nationale, il a été rejoint par les membres du petit Clergé. Le roi va tenter de revenir à la représentation en trois ordres afin de reprendre le contrôle de la situation, mais il va se heurter à beaucoup de résistance. Il abandonne très vite, commence alors l'érosion de son autorité. Certains membres de la Noblesse et d'autres membres du Clergé rejoignent l'assemblée nationale qui devient alors assemblée nationale constituante.

                        A Paris, il y a de nombreux troubles, des émeutes et le roi prend alors la décision de faire appel à des régiments étrangers pour lutter contre les émeutes et ramener le calme dans la capitale. Il décide également de renvoyer Necker. Mal lui en prend, Necker, est un ministre très populaire. La population prend le renvoi du ministre favorable aux réformes fiscales et la présence de régiments étrangers comme une provocation du despotisme  royal et le mécontentement mène à des émeutes plus violentes. Ces émeutes aboutissent à la prise de la Bastille le 14 juillet 1789. Cette prise est surtout symbolique, la Bastille où la monarchie emprisonne ses opposants et ses détracteurs est le symbole du despotisme de la dynastie des Bourbons.

                        Le roi, de plus en plus inquiet de la tournure des événements, décide de faire marche arrière, il rappelle en urgence Necker, fait quitter la capitale aux régiments étrangers, mais c'est trop tard, la situation dégénère. Inquiets des émeutes les premiers aristocrates commencent à quitter la France. Dans la capitale, les bourgeois prennent peur et décident de se défendre sans plus rien attendre du roi dont l'autorité est contestée, ils créent ce que l'on a appelé la Garde Nationale, une sorte de milice populaire. L'exemple des milices populaires est repris très vite dans tout le pays, la situation a dégénéré autant dans la capitale que dans els provinces, il ne faut pas oublier que la misère populaire a entraîné une recrudescence du vagabondage et du brigandage, le sentiment d'insécurité se retrouve partout, c'est le début de ce que l'on appelle la Grande Peur.

                        L'aristocratie et la noblesse, en tant qu'ordre privilégié, sont la première cible des émeutes, profitant de la situation d'insécurité les paysans décident de s'extirper de leur situation misérable en mettant fin aux droits seigneuriaux, ils attaquent les châteaux, ils sont pillés, brûlés, dans le but de détruire toutes les traces écrites des droits seigneuriaux.

                        L'assemblée nationale constituante tente d'apaiser la situation en prenant deux décisions importantes : l'abolition des privilèges (4 août 1789) et la déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août 1789), mais cela ne signifie pas à faire revenir le calme dans le pays. Le processus révolutionnaire est lancé car dans la population les rumeurs vont bon train, la peur est toujours là et l'on craint des conspirations royalistes. Les 5 et 6 octobre 1789, une foule en armes marche sur Versailles pour destituer le roi. La foule fait le siège du palais. Le roi et sa famille sont contraints de fuir, ils se réfugient aux Tuileries. La pression populaire est telle que l'assemblée nationale constituante doit devenir plus radicale, plus exigeante en matière de réformes.

                        L'assemblée nationale constituante prend quelques décisions telles : l'octroi du droit de vote aux possédants, le découpage administratif du pays en départements, la fin des droits héréditaires, la confiscation des biens de l'Eglise et la création des assignats, premier papier-monnaie, les assignats doivent être garantis sur les terres confisquées à l'Eglise. Ces réformes excluent les couches les plus humbles de la population, le mécontentement ne faiblit pas dans la population. Quant au roi, il semble, dans un premier temps accepter ce qui se passe, il ne s'oppose pas aux décisions de l'assemblée nationale constituante, mais il va prendre une décision qui va changer le visage de la révolution : il va tenter de fuir avec sa famille. Il est arrêté à Varennes, le 21 juin 1791.   On découvre également qu'il n'a pas cessé d'entretenir des relations avec les autres familles royales européennes et de réclamer de l'aide afin de restaurer son pouvoir. Ces actions finissent de le discréditer. Il est arrêté et suspendu, la population est désormais contre lui et l'assemblée doit se radicaliser encore pour contenir la colère populaire. Mais dans l'ensemble l'assemblée ne souhaite pas destituer le roi, elle souhaite l'établissement d'une monarchie constitutionnelle et ne veut pas s'en prendre à la personne du roi.

                        En juillet 1791, une foule se réunit au Champ de Mars, elle est exaltée et entend faire pression sur l'assemblée pour que le roi soit destitué et qu'une république soit instaurée. La Garde Nationale répond à cette foule par la violence, il y a un massacre. Les gardes nationaux ouvrent le feu sur la population. Cette fois il y a une nouvelle rupture, après la rupture du peuple et de la noblesse, vient la rupture du peuple avec la bourgeoisie. Le bourgeois devient le nouvel ennemi. La violence monte d'un cran.

                        L'assemblé nationale constituante donne une constitution à la France avant de se séparer, dans cette constitution il n'y a pas de vrais changements, pas de vrais progrès. Louis XVI, reste le roi des Français, son pouvoir est limité, il a un droit de veto.

L'assemblée   législative (octobre 1791 – septembre 1792)

                        La nouvelle assemblée est créée dans une période particulièrement troublée, la destitution du roi et son emprisonnement ont réveillé les monarchies européennes qui décident d'apporter leur soutien à Louis XVI. A tout moment les monarchies européennes peuvent se liguer, ce qui est évidemment une grande menace pour la révolution. Cette menace renforce le patriotisme et dans l'assemblée, il n'y a pas d'unité. Certains, plus modérés   (appelés Feuillants) réclament l'instauration d'une monarchie parlementaire, les plus radicaux (appelés Girondins) réclament une république fédérale, entre les deux groupes, les Montagnards, sont purement et simplement pour la République. Dans de telles conditions, les accords sont impossibles et les conflits au sein de l'assemblée législative sont nombreux. Les conflits sont accentués par le comportement du roi qui oppose son veto de manière systématique à toute décision de l'assemblée.   Les Girondins vont profiter des dissensions pour l'emporter dans l'assemblée et imposer leurs décisions, patriotes, ils ne souhaitent pas vivre plus longtemps sous la menace d'une coalition des monarchies européennes  et en 1792, les Girondins décident d'engager la France dans les guerres révolutionnaires.

                        Ce sont des guerres longues et coûteuses, elles ne font qu'accroître le sentiment de rancune à l'égard de la monarchie. Le 10 août 1792 une foule en armes marche sur les Tuileries où le roi et sa famille se réfugiaient et vivaient sous surveillance. Leur garde est massacrée. La famille royale est une fois encore obligée de fuir, elle décide de se réfugier dans l'enceinte de l'assemblée législative.   Face à la violence populaire, les députés décident de mettre fin immédiatement à la monarchie et font emprisonner le roi et sa famille à la prison du Temple. Dès septembre 1792, la situation empire encore dans tout le pays, la coalition des monarchies européennes remporte de nombreux succès sur les champs de bataille, les complots contre-révolutionnaire réels ou fictifs font entrer les patriotes dans une période d'extrême violence où tout le monde devient suspect de comploter contre la révolution, les massacres se multiplient et les Girondins, extrêmes parmi les extrêmes les encouragent. C'est la dérive qui va entraîner la fin de l'assemblée législative.

La convention nationale (septembre 1792 - octobre 1795)

                        La nouvelle assemblée se forme dans une période encore plus troublée et doit faire face aux guerres révolutionnaires. Le 20 septembre 1792, les armées révolutionnaires remportent enfin une grande victoire sur les armées de la coalition des monarchies européennes : la victoire de Valmy. Plus qu'une victoire, un véritable symbole pour la convention nationale qui y voit la justification de la Révolution et en profite pour proclamer, la première république.

                        C'est la fin de l'Ancien Régime, il n'est désormais plus question d'un retour à la monarchie. Le temps est venu, pour les membres de la nouvelle assemblée de juger le roi. Le procès du roi est un procès pour trahison, les membres de la convention s'opposent quant à la peine. Les régicides l'emportent d'une voix et le roi est guillotiné le 21 janvier 1793. Cette exécution entraîne une radicalisation de la part des monarchies européennes et provoque des dissensions entre les membres de la convention. La rivalité entre les Girondins et les Montagnards et les Jacobins s'accentue. Lorsqu'un Jacobin, Marat, est assassiné par une Girondine, Charlotte Corday, les rapports de force se font en faveur des Jacobins au sein de la Convention.

                        Parallèlement, s'installe dans le pays, la Terreur. La jeune République est en danger face à la coalition des monarchies européennes et dans le pays, les patriotes craignent plus que tout, les complots des contre-révolutionnaires. En 1793 est créé le Comité de Salut Public, et la Loi des Suspects ne va faire qu'amplifier la Terreur. Dans tout le pays, sur simple dénonciation, au motif de comploter contre la Révolution, tout un chacun peut être condamné à la guillotine. Des milliers de personnes sont ainsi condamnées à mort, des milliers d'autres sont emprisonnées. Le pays vit des heures très sombres. Afin de redresser la situation, à l'extérieur des frontières, la Convention procède à des levées d'hommes en masse. La levée en masse d'hommes finit par tourner à l'avantage de la France et le danger que représente la coalition des monarchies européennes est repoussé. Les émeutes et les  insurrections sont matées à l'intérieur du pays, par le Comité de Salut Public, à sa tête, Robespierre. Particulièrement exalté, Robespierre envoie la guillotine des milliers d'hommes accusés de comploter contre la Révolution, des membres de la Convention hostile à cette politique de Terreur. Son jusqu'au-boutisme finit par lui faire perdre son dernier soutien au sein de la Convention : celui des Jacobins. Ces derniers inquiets des purges menées par Robespierre demandent et obtiennent sa tête. Robespierre est exécuté le 27 juillet 1794. Avec son exécution, cesse la Terreur.

                        Après la mort de Robespierre, la Convention devient plus modérée. Afin d'éviter tout retour à la dictature, quelle que soit, cette dictature : dictature parlementaire ou retour à la monarchie, les membres de la Convention votent une nouvelle constitution et décident de confier le pouvoir à un Directoire composé de cinq membres. Les royalistes tentent un dernier coup d'éclat contre la Convention, leur émeute est matée par un jeune général qui a gagné sa popularité lors de sa campagne en Egypte : le général Bonaparte.

Le Directoire (octobre 1795 – novembre 1799)

                        Le Directoire hérite d'une situation tellement troublée qu'il ne peut pas mener une véritable politique de réformes et d'apaisement. La crise est grave, économiquement et socialement. Les inégalités se sont considérablement accentuées, les assignats sont un échec, ils ont créé de l'inflation et la petite classe enrichie pendant la période révolutionnaire, la classe bourgeoise cherche toujours à s'imposer sur les autres classes. Les 9 et 10 novembre 1799, le Directoire est victime de l'homme auquel il avait confié sa défense : le général Bonaparte. Les 9 et 10 novembre 1799, 18 et 19 Brumaire an VIII, le général Bonaparte mène un coup d'Etat contre le Directoire, le renverse et fait rédiger, en décembre 1799,  une nouvelle constitution qui instaure le Consulat. C'est au sein du Consulat, que Napoléon détournera les pouvoirs à son propre profit et reviendra sur les idéaux nés de la période révolutionnaire.

III/ Le bilan de la Révolution française

                        Le bilan de la Révolution française est assez simple, il consiste principalement en la fin de la monarchie absolue, de la société d'ordres et des derniers privilèges féodaux et de quelques survivances féodales comme le servage. L'égalité devant l'impôt est également reconnue.  C'est tout un système politique et social qui s'était créé en plusieurs siècles qui disparaît en une décennie. La période révolutionnaire est une période de grands bouleversements comme rarement l'Histoire en a connu. La souveraineté est passé du roi à la Nation, les Français ne sont plus des sujets mais des citoyens et leurs libertés : liberté individuelle, liberté de conscience  et liberté d'expression sont garanties dans les textes.

                        La France a gagné également en cohérence, d'un point de vue administratif. Les anciennes circonscriptions aux limites mal définies ont laissé la place aux départements. Il y a eu un grand effort d'uniformisation symbolisé par la mise en place du système métrique. Le pays a gagné en modernité.

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