Parmi les grands auteurs de la littérature française, nous pouvons citer sans problèmes Molière, Hugo ou encore Zola pour leurs contributions grandioses au patrimoine culturel français. Toutefois, lorsqu'il s'agit de tragédies, la liste devient plus restreinte et le nom de Jean Racine vient obligatoirement sur le tapis.

Superprof vous propose de découvrir la vie de Jean Racine, de son enfance jusqu'à sa mort, puis de s'attarder sur son oeuvre littéraire en analysant les thèmes de ses pièces de théâtre, le contexte d'écriture de ses textes, puis en faisant la liste de ses plus grandes œuvres afin de connaître un minimum de choses sur ce grand dramaturge !

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C'est parti

La vie de Jean Racine

Comment a vécu Jean Racine ?
La vie de Jean Racine est aussi complexe que son oeuvre littéraire !

Racine est l'un des plus grands poètes européens de langue française. Mais Jean Racine n'est que l'un des vingt-cinq millions de sujets de Louis XIII et de Louis XIV. Le troisième centenaire de la mort de Jean sera l'occasion de scruter à nouveau le mystère de la poésie de Racine, et celui de sa transcendance par rapport au temps où elle est apparue et à l'homme qui, lui donnant son nom, n'a gardé pour lui que son prénom de baptême.

Peu d'auteurs donnent, comme Racine, un sentiment aussi évident d'incommensurable entre une vie d'homme et l'œuvre d'un poète !

Jean Racine semble relever de la sociologie historique du "lettré", et Racine de la seule critique littéraire. Raymond Picard a pu écrire une savante et intelligente biographie de l'un, sous le titre La carrière de Jean Racine (1956) : elle ne cite les œuvres du poète qu'au titre d'événements dans la vie d'un sujet de Louis XIV qui fait "carrière" dans les Lettres.

Thierry Maulnier, dans un essai justement célèbre (1935) et Raymond Picard lui-même, dans les préfaces inspirées de son édition de la Pléiade, ont pu envisager l'œuvre dramatique du poète comme une monade parfaitement indépendante de Jean Racine, et même de son époque, trouvant tout son sens en dehors de son auteur et de ses circonstances historiques.

Les efforts d'autres critiques, tel René Jasinski, pour déchiffrer dans l'œuvre du poète l'historicité de l'homme, n'ont pas convaincu. Plus fructueuses ont été les recherches qui établissent les sources littéraires du poète, et l'arrière-fond contemporain de débats poétiques, rhétoriques, moraux et religieux sur lequel se détache l'extrême singularité de son œuvre dramatique.

Il y a du M. Teste chez Racine, mais un M. Teste productif à volonté. On peut aussi voir Racine en Valéry du XVIIe siècle, dont il nous faudrait reconstituer difficilement les Cahiers d'après ses préfaces, sa correspondance, les notes en marge de ses livres, tous témoignages incomplets où le poète et l'intelligence qu'il avait de son art se laissent plutôt deviner que percer.

L'histoire du théâtre elle-même, voire celle de la dramaturgie classique, sont déconcertées par cette œuvre si singulière dans la production contemporaine qu'elle semble relever de ses seules lois internes.

Même si l'on admet avec Raymond Picard que Jean Racine a choisi le théâtre parce que la scène, au début du règne de Louis XIV, lui offrait la meilleure voie pour faire fortune dans les Lettres, on est tenté aussi de croire, avec le même critique, que le choix de ce genre littéraire par le poète Racine, de préférence au lyrisme par exemple, s'explique par la possibilité que lui offrait le genre dramatique de construire une œuvre signifiant par elle-même pour l'acteur, pour le spectateur et pour le lecteur, et derrière laquelle son propre "moi", aussi bien l'empirique que le créateur, pouvait s'effacer totalement.

Rappelons en quelques mots la biographie de Jean Racine. Orphelin dès la petite enfance, Jean est recueilli et élevé par la branche maternelle de sa famille, de bonne bourgeoisie d'offices provinciale.

Très liés au couvent et aux Solitaires de Port-Royal, ses tuteurs le confient, de 1649 à 1658, aux "Petites Écoles" de Port-Royal, où il reçoit à la fois une éducation religieuse sévère, et un enseignement d'humanités d'une qualité exceptionnelle, faisant une large part à la langue et à la poésie grecques.

Il achève ses études par une année de philosophie au Collège d'Harcourt. On songe pour lui à une carrière ecclésiastique, ce qui l'exile brièvement à Uzès, auprès d'un oncle chanoine. Mais déjà il s'est lié à La Fontaine (un parent assez proche), Perrault, Boileau, Molière : au désespoir de sa famille et de Port-Royal, il choisit la carrière d'homme de lettres.

Il s'essaye avec succès dans la poésie lyrique officielle (l'Ode aux nymphes de la Seine, pour le mariage de Louis XIV en 1660), mais en 1664, il commence à s'imposer au théâtre : la troupe de Molière joue sa première tragédie : La Thébaïde, et l'année suivante la seconde, Alexandre, qui célèbre indirectement Louis XIV ; trahissant Molière au cours même des représentations, il emporte sa pièce et sa principale interprète à l'Hôtel de Bourgogne, qui monte un spectacle rival.

Jean avait une liaison publique avec la vedette de la troupe de Molière, "Marquise" du Parc. C'est elle qu'il entraîne avec lui chez les comédiens du roi en 1665 et c'est elle qui triomphera à l'Hôtel de Bourgogne dans le rôle-titre d'Andromaque en 1668. Port-Royal condamne publiquement son ancien élève, traité avec tous ceux qui écrivent pour le théâtre d'"empoisonneur public". Il répond vivement et aigrement (1666-1667). Il s'essaye à la comédie en 1668 (Les Plaideurs).

Après la mort de la Du Parc la même année (Jean la pleure violemment, mais on l'accusera bientôt de l'avoir fait empoisonner), il devient l'un des amants de la Champmeslé, et c'est avec cette nouvelle étoile qu'il fait triompher, entre 1669 et 1677, une série de chefs-d'œuvre tragiques par lesquels il s'impose comme le seul dramaturge français de la nouvelle génération digne du Grand Corneille.

Dès 1672, il avait rejoint celui-ci à l'Académie française. Il avait déjà obtenu du roi plusieurs gratifications. Après le succès de Phèdre, âprement gagné contre une cabale de grands seigneurs, le roi le nomme son historiographe. Il est désormais pourvu d'une confortable pension annuelle.

Il renonce au théâtre, se marie, renoue avec ses anciens maîtres de Port-Royal. Cela ne l'empêche pas de poursuivre une brillante carrière de courtisan dans l'entourage du même Louis XIV qui persécute Port-Royal.

Protégé de Mme de Maintenon après l'avoir été de Mme de Montespan, il écrira, à la demande de l'épouse morganatique de Louis XIV, deux tragédies bibliques, Esther et Athalie qui seront jouées devant le roi et la Cour par les jeunes pensionnaires de Saint-Cyr, l'établissement d'éducation fondé par la presque-reine.

A sa mort en 1699, il sera inhumé selon ses vœux à Port-Royal-des-Champs, au pied d'un de ses anciens maîtres des Petites Écoles, M. Hamon. Il laissait manuscrit un Abrégé de l'Histoire de Port-Royal, écrit apologétique destiné à défendre devant le roi persécuteur la cause des "saints" et des "saintes" du jansénisme, fidèles aux vraies doctrines chrétiennes.

Comment progresser en cour de francais ?

Une oeuvre littéraire complexe

Quels sont les ouvrages signés de Jean Racine ?
Andromaque est l'une des pièces les plus célèbres de Racine !

Jean "arriviste" des Lettres, Jean traître à Molière et à Port-Royal, Jean libertin allant de maîtresse en maîtresse, Jean courtisan habile de Louis XIV, Jean époux et père de famille exemplaire, Jean citoyen de la République des Lettres et ami des meilleurs esprits de son temps, Jean réconcilié avec Port-Royal et courant quelques risques pour lui être fidèle : que de contradictions, successives ou simultanées !

L'œuvre dramatique elle-même n'est pas d'un seul tenant ni d'une même tenue. Les deux premières tragédies ont autant de faiblesses que de beautés. Les deux dernières, et surtout Athalie, semblent l'œuvre d'un nouveau Racine, inconnu du précédent, peut-être le plus grand (comme le pensait Voltaire), en tout cas presque incompatible avec l'autre.

Sa seule comédie, Les Plaideurs, n'est pas mémorable. Même dans la série des chefs-d'œuvre absolus de la maturité poétique, Mithridate est un pastiche cornélien un peu trop virtuose.

Tout ce qui, dans la dramaturgie classique française, si rationnellement régulière, est fait pour gêner un poète, tout ce qui dans l'alexandrin français rend la musique presque impossible, sert Racine. Chez lui, les contraintes dramatiques dénudent le naturel des sentiments et des situations, et les "barreaux" de l'alexandrin deviennent "les cordes d'une lyre".

Chacun des chefs-d'œuvre de la période 1668-1677 est en tout cas un univers en soi, d'une extraordinaire autonomie. Quoi de commun, sinon l'art souverain, entre le monde euripidien d' Andromaque et d' Iphigénie, l'univers virgilien de Bérénice, l'univers "persan" de Bajazet, et celui, crétois et pré-homérique, de Phèdre ?

Racine, poète néo-alexandrin, est capable pour chacune de ses tragédies d'explorer un "universel de l'imaginaire" différent, où il condense invisiblement une érudition prodigieuse, répétant avec des accents inconnus ce qu'une longue tradition littéraire avait déjà dit et bien dit.

Ce qui est inouï (et moderne), dans ces tragédies si concertées, ce qui dans leurs vers élève le français au rang de langue mallarméenne, c'est l'extraordinaire charge émotionnelle et lyrique qui passe, malgré le déjà vu et le déjà entendu des mots et des situations, malgré l'horlogerie de haute précision du drame. En ce sens, on peut rapprocher Racine et La Fontaine.

Ils ont inventé le lyrisme moderne, le lyrisme de la fragilité du cœur humain, et il jaillit chez ces deux poètes d'autant plus haut qu'il est contenu par l'art le plus conscient de soi, dans des genres essentiellement anti-lyriques, la fable et le dialogue dramatique. Chez les deux poètes, le chant filtre aussi d'une mémoire si ancienne qu'elle peut prêter aux désarrois les plus intimes l'amplitude d'une voix de toujours et de partout.

Le théâtre de Jean Racine

De quoi se compose l'oeuvre de Jean Racine ?
De la comédie à la tragédie, Racine a créé des pièces incroyables qui font aujourd'hui partie du patrimoine littéraire français !

Jean Racine est un auteur qui a été très prolifique pour rédiger des pièces de théâtre et notamment des tragédies, mais ce n'est pas le seul genre dans lequel il fut actif : il écrivit également des comédies, comme Les Plaideurs en 1668. Cependant, il faut bien avouer qu'il fut bien plus versé dans la tragédie.

Cet auteur était également très renommé pour son sens de l'écriture des passions : Racine a réussi à retranscrire de façon phénoménale la violence des passions, surtout féminines. Beaucoup pensaient alors de lui qu'il était aidé d'une femme pour écrire ses pièces ou qu'il trompa sa femme pour connaître aussi bien le sujet, mais ils se trompaient.

Enfin, les sources d'inspiration de Racine sont variées mais il est évident qu'il s'inspire fortement des auteurs grecs et latins. Par exemple, on sait que Racine a lu et cite Suétone, Virgile, Tacite et Sénèque. Bien évidemment, il est aussi fortement inspiré par les tragiques grecs que sont Euripide, Eschyle et Sophocle.

En somme, le théâtre racinien est un exemple parfait de la tragédie classique, entre inspirations antiques et pensée janséniste du classicisme de l'époque. Voici ce qu'il faut retenir de l'oeuvre de Racine :

  • Il a écrit de très nombreuses tragédies et quelques comédies,
  • Il a réussit à retranscrire les passions, notamment celles des femmes,
  • Il est très inspiré par les auteurs grecs et latins, notamment les tragiques grecs,
  • Il est l'exemple parfait du tragédien classique de l'époque moderne,
  • Il a également rédigé des œuvres historiques et de traduction.

Les principales œuvres de Racine

Que faut-il savoir à propos de l'auteur Jean Racine ?
Phèdre est une tragédie qui s'inspire fortement des tragiques grecs anciens !

Andromaque

"Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque, qui aime Hector, qui est mort"

Voici comment l'on peut résumer la pièce Andromaque de Racine, écrite en 1667 et représentée la même année au château du Louvre. D'inspiration homérique et reprenant le même thème que le tragique Euripide, la pièce raconte donc la vie d'Andromaque après la mort d'Hector et les passions amoureuses des personnages.

Si vous souhaitez commencer à lire Racine, il est préférable d'avoir quelques notions mythologiques. Pour lire Andromaque, nous vous conseillons de lire au préalable l'Iliade d'Homère !

Bérénice

Bérénice est une tragédie de Racine en cinq actes écrite en 1670. Elle raconte la rivalité entre Bérénice et Domitie, future épouse de Domitien, le successeur de Titus à la tête de l'Empire Romain. Racine s'inspire de faits historiques et met l'accent sur la raison d'état de Titus dans sa pièce.

Voici les personnages principaux de la pièce :

  • Titus,
  • Bérénice,
  • Antiochus,
  • Paulin,
  • Arsace,
  • Phénice,
  • Rutile,
  • La suite de Titus.

La pièce Bérénice de Racine eut bien plus de succès que la pièce Titus et Bérénice de Corneille, ce qui montre la force de l'oeuvre du dramaturge sur son aîné !

Phèdre

La tragédie Phèdre de Racine date de 1677 et raconte l'amour de Phèdre pour Hippolyte, le fils de son mari Thésée et d'une amazone. Pour l'auteur, il s'agit de la meilleure de ses tragédies car pour lui Phèdre est l'héroïne tragique parfaite, l'intrigue est vraisemblable et la pièce peut amener le public à condamner des passions vicieuses.

Pour conclure, voici un tableau récapitulatif des plus grandes œuvres de Jean Racine :

TitreDate
La Thébaïde1664
Alexandre le Grand1665
Andromaque1667
Les Plaideurs1668
Britannicus1669
Bérénice1670
Bajazet1672
Mithridate1673
Iphigénie1674
Phèdre1677
Esther1689
Athalie1691

Vous connaissez désormais tout ce qu'il faut savoir sur Jean Racine, sa vie ainsi que son oeuvre. Pour en savoir plus sur les grands auteurs français, vous pouvez consulter nos autres articles. Vous pouvez aussi prendre des cours particuliers de français avec un professeur sur le site de Superprof !

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Mathieu

Professeur d'histoire, de français et d'anglais dans le secondaire et le supérieur. J'aime la littérature, les jeux vidéo et la tartiflette. La dalle angevine me donne soif de savoirs !